Bruxelles, 19/05/2008 (Agence Europe) - Le 5ème sommet UE/Amérique latine et Caraïbes du 17 mai à Lima suscitait de grandes attentes en matière commerciale, en particulier sur le chapitre des négociations multilatérales du round de Doha, dans l'impasse en partie à cause des divergences entre l'UE et les grands pays émergents latino-américains emmenés par l'Argentine et le Brésil, mais également sur celui des négociations bilatérales entre l'UE et la Communauté andine, perturbées par les divisions internes au bloc andin. Ses résultats, plutôt mitigés, n'offrent, au final, guère de perspectives d'accord commercial à court terme.
Négociations de Doha - Européens et Sud-Américains ne sont pas parvenus à réduire leurs divergences de vues, à la fois sur le volet agricole et son pilier « accès au marché » (produits sensibles et produits tropicaux) et sur les volets accès au marché industriel et services, masquant difficilement la persistance de leur désaccord. En façade, les parties réaffirment, dans leur déclaration finale, leur « engagement à mener à bonne fin et en temps utile le round de Doha et d'aboutir à des résultats ambitieux, globaux et équilibrés », la prochaine réunion ministérielle de l'OMC constituant, à cet égard, une « occasion décisive de progresser rapidement » vers l'achèvement du round. Mais, en coulisse, la persistance du désaccord est palpable. Un long entretien, en marge du sommet, entre le commissaire au Commerce Peter Mandelson et le ministre argentin des Affaires étrangères, Jorge Taiana, n'a pas permis de réduire les divergences. « Qu'il y ait eu des différences sur la question du round de Doha ne signifie pas que la négociation et que notre rencontre n'aient pas été bonnes », a tenté de tempérer devant la presse la commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner. M. Mandelson s'est montré, quant à lui, plus incisif. « L'ambition et le niveau des offres présentées par nos partenaires commerciaux sud-américains ne correspondent pas à celles présentées par l'UE. Maintenant, à moins que cela soit rectifié, ces négociations vont prendre beaucoup plus de temps que nécessaire. (…) Ce sera une occasion manquée importante si nous n'accélérons pas les négociations et si nous ne nous engageons pas plus intensivement dans les mois à venir », a insisté le commissaire au Commerce.
Négociations UE/Mercosur - Dirigeants européens et des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) se sont contentés de confirmer leur engagement à relancer les pourparlers pour un accord d'association et de libre-échange, une fois connu le résultat du round de Doha. Dans une déclaration conjointe, les parties rappellent « l'importance que revêt un accord d'association ambitieux et équilibré UE/Mercosur » et leur « volonté de faire aboutir les négociations dès que la situation le permettra, en s'appuyant sur les travaux déjà accomplis ». Elles rappellent, en outre, leur « engagement dans le processus de Doha » et soulignent « leur intérêt politique à aller vers un accord ambitieux et équilibré ».
Négociations UE/Communauté andine - Dirigeants européens et des pays andins (Bolivie, Colombie, Equateur et Pérou) ont finalement convenu d'accepter le principe d'une négociation pays par pays, faute d'accord au sein du bloc andin, divisé entre les partisans d'un accord d'association (Colombie et Pérou) et ceux qui y sont opposés (Bolivie et Equateur). Notant les progrès accomplis après trois sessions de négociation et confirmant la volonté des parties de boucler l'accord d'ici fin 2009, la déclaration finale du sommet UE/ALC réaffirme la volonté de l'UE de négocier avec la Communauté andine en tant que bloc uni. « Nous saluons la détermination de la Communauté andine et de l'UE à tout mettre en oeuvre pour conclure un accord d'association, contribuant ainsi au renforcement du processus d'intégration andine. Nous convenons qu'une attention particulière sera accordée aux besoins spécifiques en matière de développement des pays de la Communauté andine, en tenant compte des asymétries entre les régions et au sein de chacune d'elles ainsi que de la nécessité, pour l'UE, de faire preuve de souplesse s'il y a lieu », précise-t-elle.
Négociations UE/Amérique centrale - Dirigeants européens et des pays d'Amérique centrale (Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Panama et Nicaragua) ont salué les « efforts déployés » pour dégager un accord d'association et de libre-échange entre les deux blocs. Rappelant l'importance de l'intégration régionale et saluant les résultats positifs obtenus à ce jour, les parties se félicitent que le Panama ait décidé de participer formellement au processus d'intégration économique régionale. Prenant acte des progrès accomplis après trois sessions de négociation, les parties confirment leur souhait de boucler leurs pourparlers d'ici fin 2009.
UE/CARICOM - Dirigeants européens et des pays du Forum des Caraïbes (Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, République dominicaine, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Saint-Christophe-et-Nevis, Suriname et Trinidad-et-Tobago) se sont félicités de l'aboutissement des négociations pour un Accord de partenariat économique, paraphé le 17 décembre 2007.
UE/Chili - Européens et Chiliens ont salué l'importante progression des échanges bilatéraux (+250%) depuis l'entrée en vigueur de l'accord d'association en 2003. Les parties ont toutefois exprimé le souhait d'approfondir l'accord à travers l'amélioration de l'accès aux marchés de biens et services.
UE/Mexique - Les parties ont salué le dynamisme des flux d'échanges et d'investissement depuis l'entrée en vigueur de l'ALE en 2005, les échanges bilatéraux ayant atteint 50 milliards USD en 2007, et rappelé leur souhait de renégocier les clauses de révision de l'ALE sur l'agriculture, les services et l'investissement. (E.H.)