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Bulletin Quotidien Europe N° 9655
Sommaire Publication complète Par article 32 / 34
INTERPENETRATION ECONOMIQUE / (eu) investissements

La Chine, l'Inde et l'Asie du Sud-Est sont les régions les plus intéressantes mais aussi les plus risquées pour les investisseurs, selon une étude de Marsh, Mercer and Kroll: Les régions les plus attrayantes pour les entreprises sont aussi celles où elles sont le plus exposées au risque, souligne un rapport de la société de consultance Marsh, Mercer and Kroll, en coopération avec l'Economist Intelligence Unit. Le rapport, intitulé « M&A Beyond Borders: Opportunities and Risks » fait la synthèse d'une enquête réalisée auprès de 670 cadres supérieurs de firmes multinationales, interrogés à propos de leur politique d'investissement. C'est ainsi que la Chine, l'Inde et l'Asie du Sud-Est sont les régions les plus intéressantes pour 57% des investisseurs étrangers, loin devant l'Amérique du Nord (43%), l'Europe occidentale (41%), l'Europe de l'Est (31%), l'Amérique latine (29%), le Moyen-Orient (27%), l'Australie, le Japon et la Corée (25%) et l'Afrique (19%). Revers de la médaille: la Chine, l'Inde et l'Asie du Sud-Est sont également considérées comme les régions présentant le plus de risques avec un taux de 5,3 points sur une échelle comprenant 8 niveaux, juste derrière l'Afrique (5,5 points). L'Amérique latine et le Moyen-Orient sont considérés comme moyennement risqués (respectivement 3,8 et 3,5 points), alors que les moins risquées sont l'Australie, le Japon et la Corée (1,6 points chacun), suivis de l'Europe occidentale (1,9 points), l'Amérique du nord (2,1 points) et l'Europe de l'Est (2,8 points). A propos de l'intérêt grandissant manifesté pour la région d'Europe de l'Est (44% des répondants déclarent avoir des projets d'investissements « importants », voire « très importants » dans cette région), l'étude fait le commentaire suivant: « La confiance dans la région est grande a la fois parmi les entreprises nationales et multinationales qui envisagent d'investir. Néanmoins, un nombre de sujets importants, parmi lesquels la fiabilité des systèmes judiciaires et l'influence du politique sur le monde des affaires, doit retenir la plus grande attention si l'Europe de l'Est veut atteindre un taux de risque similaire à celui d'Europe occidentale et des autres pays développés ». Si les difficultés liées au régime de la propriété intellectuelle ne sont pas un fait nouveau, surtout en Chine, de nouvelles embûches se dressent pour les investisseurs, liées à de nouvelles exigences environnementales. Pointée du doigt, la Chine a décidé de réagir en imposant des mesures strictes destinées à améliorer la qualité de l'environnement. D'autres spécificités locales contribuent à augmenter les risques pour les investisseurs comme le protectionnisme, des différences culturelles dans l'organisation et un actionnariat souvent familial. « Traditionnellement, une bonne partie de la création de valeurs en Asie a été liée à de grands conglomérats familiaux », souligne l'étude qui recommande aux entreprises intéressées de bien comprendre avant d'investir le rôle joué par la famille dans la structure de l'entreprise, notamment l'importance de ses connexions politiques mais aussi la sensibilité de l'activité à des sujets comme le régime de la propriété intellectuelle, les changements de réglementation sur l'environnement ou l'absence d'information dans les comptes concernant des passifs éventuels. Le maintien des équipes locales est également un problème: en Chine, la mobilité des cadres âgés de 25 à 35 ans atteint 67% et l'inflation des salaires dépasse 10%. En Inde, une pénurie de quelque 500 000 professionnels est prédite d'ici à 2010 dans le secteur de l'informatique, l'un des plus à la pointe. La question de la qualité des produits se pose également, en particulier en Chine. Selon l'étude, 68% des rappels de produits enregistrés aux Etats-Unis au premier semestre 2007 proviennent de Chine. Enfin, les auteurs soulignent la difficulté de réaliser des audits d'acquisitions dans les formes, alors que peu d'informations sont publiques. Globalement, l'étude souligne encore que: 1) sur les 18 derniers mois, seulement 35% des personnes interrogées indiquent que 10% ou plus de leurs revenus sont imputables à des opérations de fusion-acquisition alors que 68% espèrent que cette part sera supérieure à 10% au cours des 18 prochains mois ; 2) les questions liées à la culture et aux ressources humaines sont les deux facteurs le plus souvent cités comme source de difficultés par les répondants ; 3) les petites et moyennes entreprises comptent davantage sur leurs opérations de fusion-acquisition pour accroître leurs revenus, par comparaison aux plus grosses entreprises ; 4) seulement 4% des personnes interrogées pensent que les fonds d'investissements publics se posent comme de réels concurrents par rapport aux autres investisseurs. (I.L.)

 

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