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Bulletin Quotidien Europe N° 9629
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/tibet

Les députés appellent au dialogue pour une solution pacifique

Bruxelles, 26/03/2008 (Agence Europe) - Réunis en plénière, mercredi 26 mars, les députés européens ont unanimement appelé à la fin des violences au Tibet et pour le respect des droits de l'Homme et des minorités en Chine. Ils plaident tous pour une solution pacifique aux troubles qui sévissent depuis une quinzaine de jours et ne veulent pas d'un boycott des Jeux Olympiques (JO) d'août prochain, sauf peut-être de la cérémonie d'ouverture. Une résolution du PE sur le Tibet sera votée par la plénière le 10 avril. Cette question était aussi à l'ordre du jour d'une réunion de la commission des Affaires étrangères du PE, présidée par Jacek Saryusz-Wolski, qui accueillait, mercredi en fin d'après-midi, le président du Parlement tibétain en exil, Karma Chophel. Elle a aussi suscité une réaction du président du Comité économique et social européen (CESE), Dimitris Dimitriadis, qui a encouragé les autorités chinoises à engager un dialogue constructif avec le Dalaï Lama. Un débat aura lieu sur ce sujet lors de la session plénière d'avril du CESE, dont les conclusions seront transmises à la réunion de la table ronde UE/Chine prévue le 8 juin à Pékin.

Le Parlement européen défend les droits de l'Homme au Tibet, a d'emblée rappelé son président Hans-Gert Pöttering. « Nous condamnons toute forme de violence et tout recours à des moyens policiers et militaires disproportionnés », ainsi que la mort de manifestants pacifiques. « Nous ne pouvons pas permettre que le Dalaï Lama soit associé au terrorisme, nous ne pouvons pas accepter sa diabolisation », martèle-t-il, en indiquant que ce dernier sera « le bienvenu au PE à tout moment ». Et de demander un accord respectant, d'une part, l'intégrité territoriale de la Chine et, d'autre part, les traditions, l'identité culturelle et les droits de l'Homme du peuple tibétain. Nous souhaitons que les JO soient un succès, mais il faut que des conditions soient respectées, a-t-il répété, en estimant que « tout homme politique responsable doit se poser la question s'il peut participer à la cérémonie d'ouverture des JO si la Chine ne prend pas part au dialogue ». Si, pour les Verts-ALE, « il faut pouvoir envisager la possibilité d'un boycott des JO sans tabou », le PSE a conclu qu'une telle action n'apporterait rien de positif à la recherche d'une solution à la situation du Tibet. « Parler d'un boycott contre les prochains Jeux Olympiques de Pékin serait bel et bien une erreur », estime son président Martin Schulz, qui préfère voir dans la célébration des Jeux « une opportunité de dialogue entre la Chine et le monde ».

Janez Lenarèiè, secrétaire d'Etat slovène aux Affaires européennes, a de son côté appelé à poursuivre le dialogue sur les événements au Tibet. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE reviendront ainsi sur le sujet lors du Gymnich à Brdo les 28 et 29 mars, a-t-il annoncé, invitant les autorités chinoises à faire la lumière sur les événements des deux dernières semaines. Concernant les JO, M. Lenarèiè a rappelé la déclaration conjointe adoptée au début de la semaine dernière par les ministres des Sports de l'UE (EUROPE n° 9625) dans laquelle ils rappelaient l'importance pour les droits de l'Homme du mouvement olympique et s'opposaient au boycott des JO. « Un boycott lors de l'année du dialogue interculturel ne serait pas approprié », a souligné M. Lenarèiè, qui reconnaît que rien n'a été dit au niveau des ministres concernant la seule cérémonie d'inauguration des JO. La position de la Commission européenne sur cette question est la même, comme l'a indiqué la veille son président José Manuel Barroso, qui s'est en effet prononcé contre un tel boycott. Mercredi, Benita Ferrero-Waldner a surtout demandé aux autorités chinoises de « faire preuve de retenue et de ne pas utiliser la force face à des manifestants pacifiques ». Pour la commissaire aux Relations extérieures, « une solution durable ne peut être réalisée que par des moyens pacifiques et un dialogue sincère et honnête », un « dialogue de fond ».

« Le Dalaï-Lama est une personnalité morale qui ne saurait être remises en question », a insisté Jozsef Szajer (PPE-DE, hongrois). Si le moment n'est pas venu de se prononcer pour un boycott des JO qui ont lieu dans cinq mois, il faut revendiquer dès à présent la fin des massacres et des intimidations. Les JO sont aussi un symbole de paix et d'apaisement. Il faut que cette symbolique perdure, ce qui ne peut être le cas dans un pays qui assassine ses propres citoyens, a-t-il estimé. Pasqualina Napoletano (PSE, italienne) a souhaité que l'on réponde favorablement à la demande du Dalaï Lama en faveur d'une commission internationale qui puisse se rendre sur place et faire la lumière sur les événements sanglants. « Le rôle politique du Dalaï-Lama est irremplaçable » et les autorités chinoises doivent l'accepter et ouvrir des négociations directes avec lui. Saluant la prise de position du président du Parlement, Bronislaw Geremek (ADLE, polonais) a suggéré de lancer un dialogue autour d'une table ronde réunissant des lauréats du prix Nobel de la paix et des représentants du Tibet et des autorités chinoises. Cette demande sera examinée par le Bureau et la conférence des présidents du PE, a assuré M. Pöttering. « Les JO dans une dictature sont un acte politique (…) sport et démocratie doivent aller ensemble », a souligné Daniel Cohn-Bendit (Verts-ALE, allemand), qui appelle à un boycott de la cérémonie d'ouverture des JO par les chefs d'Etat, les sportifs et les journalistes. Souhaitant des « sportifs-citoyens » et des spectateurs qui s'engagent, il demande que tous ceux qui se rendront aux JO « foutent le bordel à Pékin », car « si tout le monde se tait, c'est la victoire de la dictature à Pékin ». (A.B.)

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