Bruxelles, 26/03/2008 (Agence Europe) - «L'économie de la zone euro reste confrontée à des difficultés considérables, notamment une incertitude persistante quant à la durée et au coût final de la crise financière, un affaiblissement de l'économie américaine et la progression des prix des matières premières. Malgré des fondamentaux économiques solides, la zone euro commence à être ébranlée», a déclaré, mercredi 26 mars, Joaquín Almunia, le commissaire européen chargé des affaires économiques, à l'occasion de la présentation du rapport trimestriel de la Commission sur la zone euro.
De fait, la croissance du PIB de la zone euro s'est ralentie pour passer de 2,6% en glissement annuel pendant le troisième semestre de 2007 à 2,2% durant le quatrième, un fléchissement que le rapport trimestriel impute en grande partie à une baisse de la consommation consécutive à la progression des prix. En février, l'inflation atteignait 3,3%, contre 1,7% l'été dernier. La Commission estime toutefois qu'il est « encourageant » de constater que la croissance des investissements reste soutenue, notamment en raison de la rentabilité élevée du secteur non financier. Reste que les données intermédiaires établies par la Commission en février prévoient une croissance de 1,8% en 2008, même si les indicateurs de confiance résistent relativement bien et que les chiffres relatifs à la production industrielle sont plus favorables que prévu.
Le rapport constate par ailleurs la disparité des réactions des économies des Etats membres de la zone à l'augmentation des prix de l'énergie et des denrées alimentaires depuis l'été 2007. Cette disparité est due notamment aux différences de poids des denrées alimentaires et de l'énergie dans le panier national de l'indice des prix à la consommation harmonisé, au degré de concurrence sur les marchés de détail et à la position dans le cycle économique. L'incidence de l'appréciation de l'euro sur la modération de l'inflation dépend également du modèle de commerce international, des conditions conjoncturelles et du degré de concurrence sur les marchés domestiques de détail, souligne également la Commission.
Le rapport tente de déterminer pourquoi la croissance et l'inflation se sont stabilisées ces dernières années dans les pays industrialisés. Selon ses auteurs, ce phénomène de « Great Moderation » doit beaucoup aux améliorations apportées aux politiques économiques, en particulier à la politique monétaire et, dans une moindre mesure, à des stabilisateurs budgétaires automatiques plus puissants. « Les changements opérés dans la politique économique ont largement contribué à la modération dans les pays où les erreurs politiques étaient particulièrement marquées dans le passé », soulignent-ils.
S'agissant des réformes menées sur le marché du travail, le rapport les juge « efficaces » dans la mesure où elles ont permis de relever le taux d'emploi et de faire en sorte que le marché réagisse mieux aux chocs conjoncturels. Revers de la médaille: on observe une scission de plus en plus nette sur ce marché au détriment de ceux qui ne bénéficient pas d'un contrat de travail « standard ».
Enfin, la section « Focus » du rapport indique que l'Asie de l'Est pourrait s'inspirer de l'expérience européenne sur le plan économique et monétaire dans l'intérêt de la région et du monde entier. Le document est disponible sur: http: //ec.europa.eu/economy_finance/ (O.L.)