login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9621
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/irak

Les députés souhaitent un rôle plus actif et plus visible de l'UE

Bruxelles, 12/03/2008 (Agence Europe) - Comme le vote en commission des Affaires étrangères l'avait montré (EUROPE n° 9612), les discussions sur le rapport d'Ana Maria Gomes (PSE, portugaise) consacré au rôle de l'UE en Irak ont confirmé la convergence de vues qui existe aussi bien entre les parlementaires qu'avec la Commission européenne. Tous ont souligné la qualité du travail de Mme Gomes sur un sujet délicat qui a longtemps divisé le Parlement européen et les Etats membres au moment de l'intervention américaine dans le pays. Mais l'objectif du rapport n'est pas de rouvrir les plaies du passé, insiste Mme Gomes, il est d'encourager l'Europe à apporter une contribution positive à l'Irak et à toute cette région. Le vote aura lieu ce jeudi à Strasbourg.

Il intervient peu avant la célébration, le 16 mars prochain, du tragique anniversaire de l'attaque contre la ville kurde d'Halabja, qui a subi en 1988 une attaque chimique faisant 5 000 victimes civiles. L'Europe à l'époque a fait preuve d'une grande passivité face à cette opération sanglante de la guerre menée par le régime de Saddam Hussein contre son peuple, a rappelé Mme Gomes, qui souligne la responsabilité morale et juridique de l'Europe face au peuple irakien. Aujourd'hui, nous avons tout intérêt à consolider un Etat fédéral et démocratique dans ce pays, souligne-t-elle, espérant que son rapport renforcera l'unité européenne dans l'action. « L'Irak n'a pas besoin d'argent ou de soft loans, mais d'une assistance technique et institutionnelle », a déclaré Mme Gomes, pour qu'enfin les ressources du pays puissent être mises à disposition des populations.

L'analyse de Mme Gomes est claire, complète et se place dans la bonne perspective: nous n'avons pas le choix, nous devons agir, a déclaré Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, elle-même félicitée par les députés pour son action. Il est possible d'entrer dans une nouvelle phase, s'est-elle réjouie, constatant que « la situation au plan sécuritaire semble légèrement s'améliorer », grâce au rôle américain, aux activités des organisations sunnites et au cessez-le-feu prolongé par « l'armée du Mehdi » de l'imam chiite Moqtada Al Sadr. 829 millions d'euros provenant de fonds communautaires ont été consacrés à l'Irak depuis 2003, a insisté la commissaire, rappelant ce qui a déjà été fait au travers de la réhabilitation d'écoles, de centres de santé primaires et d'hôpitaux, de campagnes de vaccinations, des programmes Erasmus, etc. « Nous nous efforcerons de financer le développement institutionnel d'un Etat dont les structures restent faibles », a-t-elle indiqué. L'accord commercial et de coopération doit pour sa part jeter les bases de rapports contractuels entre l'UE et l'Irak, afin d'aider le pays à poursuivre des réformes et à réintégrer la communauté internationale. Après la dernière session de négociation, « nous progressons dans le domaine des droits de l'Homme, de la lutte contre le terrorisme ou de l'environnement », a-t-elle observé. Le secrétaire d'Etat slovène chargé des Affaires européennes, Janez Lenarèiè, a également estimé que ces négociations « se déroulent bien ». Il a par ailleurs salué la création d'un groupe ad hoc du Parlement sur l'Irak.

Ignasi Guardans Cambo (ADLE, espagnol) a préconisé d'utiliser l'accord commercial et de coopération pour favoriser les réformes qui rapprochent l'Irak du système multilatéral et faire profiter la population des ressources du pétrole. Le message central du rapport est que l'Europe ne peut pas rester à l'écart, a estimé, au nom du groupe PPE-DE, la Tchèque Jana Hybášková, insistant notamment sur le renforcement de l'Etat de droit et l'assistance à la police irakienne. Pour Véronique de Keyser, ce rapport doit servir à toute politique future, y compris budgétaire, à l'égard de l'Irak. Soulignant le drame des réfugiés, dont plus de deux millions se trouvent dans les pays voisins (Syrie et Jordanie notamment), la socialiste belge a appelé l'Europe à « plus de générosité dans l'accueil des réfugiés ». La perspective d'un Irak stable avec une bonne influence dans la région mérite des efforts particuliers, car lorsque la Turquie sera membre de l'UE, l'Irak sera notre voisin, a observé la baronne Nicholson of Winterbourne (ADLE, britannique). N'oublions pas les Etats-Unis, qui sont « une condition sine qua non pour un Irak sûr », a recommandé Adam Bielan (UEN, polonais), alors que Vittorio Agnoletto (GUE-NGL, italien) a demandé le retrait des troupes américaines du pays et leur remplacement par une force de l'ONU avec pour seule mission le maintien de la paix. (A.B)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES