Bruxelles, 12/03/2008 (Agence Europe) - C'est devant un auditoire composé de députés européens, de parlementaires nationaux, des anciens présidents du Parlement européen, des présidents de la Cour de justice des Communautés européennes, de la Cour des comptes européenne et du Médiateur européen que Hans-Gert Pöttering a ouvert, mercredi 12 mars à Strasbourg, la séance solennelle célébrant le 50ème anniversaire de l'institution qu'il préside. M. Pöttering, le président en exercice du Conseil européen, Janez Janša, et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui lui ont succédé à la tribune, ont tous trois axé leur intervention sur le renforcement des pouvoirs du PE au cours du demi-siècle écoulé. Tous se sont amplement référés à l'esprit des pères fondateurs de l'Europe, et en particulier à Robert Schuman, qui a inauguré le 19 mars 1958 la réunion constitutive de l'Assemblée parlementaire européenne, ancêtre de l'actuel PE. Soulignant la fidélité des dirigeants européens à l'esprit des pères fondateurs, les trois orateurs ont mis en exergue l'impact qu'aura le Traité de Lisbonne, une fois ratifié, sur l'évolution de l'intégration européenne en renforçant non seulement le rôle du Parlement, mais aussi celui du Conseil et de la Commission, un renforcement qui devrait permettre à l'UE de faire face avec plus d'efficacité et de poids aux défis du XXIème siècle que sont notamment la mondialisation et les changements climatiques.
Hans-Gert Pöttering a souligné que, « pas à pas », le Parlement européen s'était battu pour élargir le champ de ses compétences et que la conscience de sa responsabilité et de ses possibilités n'avait cessé de s'accroître au point qu'aujourd'hui, « le PE fait tout à fait honneur au nom qu'il porte ». Le président du Parlement européen a rappelé que l'institution comptait actuellement 785 membres provenant de 27 Etats et comptait sept groupes politiques représentant 150 partis politiques nationaux. Nous exerçons un contrôle sur la Commission européenne et élisons son président, nous représentons quelque 500 millions de citoyens de l'UE et nous sommes convaincus d'être devenus un acteur majeur de la politique européenne, a-t-il déclaré en substance. Evoquant le Traité de Lisbonne et la Charte des droits fondamentaux, M. Pöttering a fait valoir que ces textes « allaient encore renforcer notre champ de compétences », ajoutant qu'à l'avenir, « les décisions sur des questions importantes concernant les citoyens dans l'UE ne pourront être prises sans l'assentiment du Parlement européen ». Soulignant l'équilibre institutionnel existant entre le PE, le Conseil et la Commission, il a aussi fait valoir que la coopération entre le PE et les parlements nationaux était de toute première importance et qu'elle devait être maintenue à l'avenir. Admettant qu'« il faut une opinion critique » et que « l'UE est compliquée », M. Pöttering a invité les médias à tenir compte de cette complexité, indiquant que « l'Union ne doit pas devenir le bouc émissaire des carences nationales ».
Janez Janša a rappelé le chemin parcouru depuis 1958, époque de la guerre froide où « les six pays fondateurs et l'OTAN ont réussi à réaliser la paix et la démocratie dans une grande partie de l'Europe ». « En 2008, c'est différent », a poursuivi le président en exercice du Conseil européen: « Nous vivons dans un monde multipolaire où le mot d'ordre n'est pas compétition mais coopération. Le mur de Berlin est tombé, nous avons une monnaie commune, 23 langues officielles, les Européens vivent plus longtemps et ceux qui vivaient hier sous des régimes totalitaires vivent aujourd'hui dans la démocratie ». Il s'est félicité de l'extension des pouvoirs du PE et de la conclusion du Traité de Lisbonne qui constitue « un pas en avant pour le Parlement du point de vue du contrôle démocratique ». Des institutions européennes fortes permettront à l'UE de faire face à des défis comme les changements climatiques et la crise financière, a ajouté M. Janša, invitant « le Parlement européen à continuer de se montrer exemplaire », dans la mesure où il y a encore des Européens qui ont des doutes quant à l'intégration européenne.
José Manuel Barroso a estimé que l'Europe devait désormais être « une Europe-puissance sans arrogance », ce qui suppose « le maintien d'un partenariat constructif entre les institutions européennes ». Saluant le rôle du PE dans la construction européenne, le président de la Commission a évoqué l'extension de ses compétences au fil du temps, insistant sur l'influence politique dont il dispose aujourd'hui « à la fois comme colégislateur et comme partenaire de poids dans le triangle institutionnel ». « Le pouvoir que le Parlement a su gagner au fil du temps n'a fait que renforcer l'Europe dans son ensemble. Un Parlement européen fort est un partenaire indispensable pour les autres institutions », a expliqué M. Barroso. Et de conclure: « Le Traité de Lisbonne, lorsqu'il sera ratifié, renforcera encore les institutions communautaires dans leur ensemble. Il élargira les pouvoirs du Parlement. Il renforcera la double légitimité démocratique de la Commission par des liens accrus avec le Parlement européen et le Conseil européen (…) En renforçant la légitimité et l'efficacité du triangle institutionnel, ce Traité est une grande avancée pour l'Europe ». (O.L.)