Bruxelles, 28/08/2007 (Agence Europe) - Les crimes racistes ont progressé dans au moins huit des 27 pays de l'Union européenne dont la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et la Pologne au cours des six dernières années, a affirmé lundi l'Agence européenne des droits fondamentaux, dont la création remonte seulement au 1er mars dernier. Comme l'atteste le rapport de l'Agence présenté lundi en commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen, la discrimination raciale dans les domaines de l'emploi, de l'éducation et du logement est un problème sérieux dans de nombreux pays européens, où un nom à consonance étrangère suffit souvent à être moins bien traité. « Il y a de nombreuses preuves selon lesquelles la violence raciste et les discriminations perdurent et même augmentent dans une partie de l'Europe », a déploré dans un communiqué Anastasia Crickley, qui préside le conseil d'administration de l'Agence à Vienne. Nombre de pays n'ont pas encore adapté la directive sur l' « égalité raciale » et n'ont pas désigné d'organismes spécialisés pour analyser et lutter contre le fléau. En résultent des sanctions sporadiques pour les actes racistes. Huit des onze Etats membres pour lesquels des données pénales suffisantes sont disponibles en vue d'une analyse de tendance enregistrent une évolution générale à la hausse (Danemark, Allemagne, France, Irlande, Pologne, Slovaquie, Finlande et Royaume-Uni). Les trois autres pays enregistrent une baisse générale des crimes racistes déclarés (République tchèque, Autriche et Suède). Le rapport affirme également qu'il est impossible de dresser un bilan global de la situation en raison du manque d'informations fournies par les Etats. L'agence affirme en effet que cinq pays n'ont publié aucune donnée pour l'année 2005-2006 (Grèce, Espagne, Italie, Chypre et Portugal). Durant le débat au PE, les députés ont souligné le besoin urgent de nommer un directeur de l'Agence. (bc)