Bruxelles, 21/08/2007 (Agence Europe) - Dans une déclaration publiée le 9 août, l'Union européenne se réjouit des résultats de la réunion d'Arusha qui a rassemblé, du 3 au 6 août, des personnalités de premier plan représentant les parties au conflit du Darfour non signataires de l'accord de paix. Elle qualifie l'obtention d'un accord sur une position commune entre ces parties d' « avancée décisive » et d' « élément essentiel » pour la tenue de négociations finales d'ici deux à trois mois.
L'UE félicite les responsables de l'Union africaine (UA) et des Nations unies pour les résultats obtenus, dans la mesure où ils « renforcent les perspectives de paix au Darfour ». Elle fait également valoir que les pays de la région ont joué un rôle central dans les progrès réalisés sur cette « question épineuse ».
Mais l'UE souligne surtout l'importance « d'un processus politique qui rassemble toutes les parties, qui tienne compte des préoccupations de la population du Darfour: les déplacés internes, les réfugiés, les chefs coutumiers, les organisations de la société civile, y compris les mouvements de femmes, etc. ». En effet, « l'instauration d'une paix réellement durable passe par la participation des personnes les plus directement touchées par la crise et par une véritable prise en compte de leurs priorités », note-t-elle.
Par ailleurs, l'UE demande instamment et souligne la nécessité d'une cessation complète et sans condition des hostilités, ainsi que d'une mise en oeuvre immédiate du cessez-le-feu, « qui doit être respecté par toutes les parties ». En outre, elle estime que le libre accès des organisations humanitaires demeure une exigence primordiale de l'ensemble de la communauté internationale. L'UE invite le gouvernement soudanais et tous les mouvements rebelles à participer pleinement au processus politique mené par l'UA et l'ONU.
L'Union européenne affirme qu'elle plaidera en faveur de l'examen de mesures à l'encontre de toute partie faisant obstacle à ce processus, notamment dans le cadre des Nations unies. Elle considère que la résolution 1769 (2007) ayant été approuvée à l'unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies, « l'accord relatif à une opération hybride Union africaine - Nations unies au Darfour confère une nouvelle impulsion politique à la dynamique positive actuelle » et se dit prête à examiner les moyens d'appuyer cette opération et de favoriser la réalisation de sa promesse de paix au Darfour. Elle appelle toutes les parties intéressées « à démontrer, de façon claire et sans équivoque, leur engagement en ce sens ».
Enfin, l'UE se montre également prête à accorder une attention substantielle au redressement et au développement du Darfour et de l'ensemble du Soudan. « Les résultats de la réunion d'Arusha nous rapprochent du jour où les habitants du Darfour et de la région pourront, espérons-le, recueillir les fruits d'un développement économique et social centré sur les besoins de la population tout entière ».
Le Haut représentant de l'UE pour la Pesc a pour sa part estimé également que la réunion d'Arusha constituait un pas en avant significatif et encourageant. Il a indiqué en substance que la position commune des principaux mouvements non signataires de l'accord de paix est un résultat qui augure de l'ouverture de négociations de paix dans les mois à venir. Dans un communiqué, Javier Solana réaffirme que « l'UE continuera à apporter son soutien indéfectible au processus de paix au Darfour et appelle toutes les parties, les mouvements rebelles et le gouvernement du Soudan, à respecter leurs engagements ». (ol)