Bruxelles, 25/07/2007 (Agence Europe) - Signe d'une normalisation à venir des relations avec le pays, la visite du Président français à Tripoli, mercredi 25 juillet, constitue « un déplacement politique pour aider la Libye à réintégrer le concert des nations », avait indiqué Nicolas Sarkozy peu après la libération de l'équipe médicale bulgare (EUROPE n° 9475). Un objectif qui a suscité mercredi une réaction plus mitigée du ministre des Affaires étrangères belge, Karel de Gucht, qui, s'il se félicite du sort réservé aux Bulgares, a fustigé les garanties offertes à la Libye lors des négociations. Estimant sur les ondes de la RTBF que les autorités libyennes ont finalement obtenu une « rançon » de l'UE, M. de Gucht juge la pratique contraire aux règles du droit international et insiste pour que les Vingt-sept en tiennent compte au moment de définir plus précisément les relations futures entre l'UE et Tripoli.
« Ni l'Europe, ni la France n'ont versé la moindre contribution financière à la Libye pour obtenir la libération des infirmières et du médecin bulgares », a de son côté affirmé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, avant le déplacement de M. Sarkozy. D'autres 'gestes' pourraient toutefois suivre, la Bulgarie ayant ainsi annoncé mercredi qu'elle envisageait d'effacer la dette de la Libye, qui s'élève à près de 40 millions d'euros. Le Premier ministre bulgare Sergueï Stanichev a pris soin de souligner qu'il ne fallait pas considérer cela comme un paiement à la Libye, estimant simplement lors d'une conférence de presse « qu'il s'agit d'un acte humanitaire pas d'une rançon ».
Le Président du Comité économique et social européen (CESE), Dimitris Dimitriadis et le Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), René van der Linden, se sont pour leur part réjouis de cette libération et ont salué les initiatives diplomatiques de leurs collègues européens, tout en s'inquiétant de la situation générale du pays. M. van der Linden s'est ainsi dit « très préoccupé par la situation en Libye, qui a conduit à une tragédie humanitaire et à la détention d'innocents pendant huit ans » et a appelé les autorités libyennes « à remédier de toute urgence à la situation déplorable de leur système de santé ». (ab/gb)