Bruxelles, 11/10/2006 (Agence Europe) - Pour la première fois, les membres de la délégation parlementaire pour les relations avec l'Iran - présidée par la Verte allemande Angelika Beer - ont rencontré lundi à Bruxelles des membres du Majlis, l'assemblée parlementaire iranienne. Si le dossier nucléaire iranien était, évidement, au cœur des discussions, députés européens et iraniens ont également échangé leurs vues sur les relations politiques - situation des droits de l'homme en Iran, situation au Moyen-Orient, lutte contre le terrorisme et trafic de drogues - et commerciales - adhésion de l'Iran à l'OMC et coopération en matière de sécurité énergétique. A l'instar du président de la délégation iranienne, Mahmoud Mohammadi, qui a notamment regretté que les négociations pour un accord de commerce UE-Iran soient pénalisées par l'épineux dossier nucléaire iranien, l'ensemble de ses collègues ont plaidé pour un découplage des négociations commerciales de la question nucléaire. M. Mohammadi a par ailleurs estimé qu'un dialogue sur les plans culturel et commercial constituerait un bon instrument pour aplanir les divergences de vues en matière nucléaire. Répondant à Ali Ahmadi, qui s'est étendu sur le « droit inaliénable du peuple iranien de faire usage de la technologie nucléaire à des fins pacifiques », plusieurs députés européens - l'Allemand Michael Gahler (PPE-DE), l'Autrichienne Christa Prets (PSE), l'Italienne Romano La Russa (UEN) et le Britannique John Purvis (PPE-DE) - ont expliqué que rien ne garantit que les activités iraniennes d'enrichissement d'uranium ont des objectifs pacifiques uniquement. M. Mohammadi a toutefois assuré que la présence de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de contrôler ces activités, « constitue la meilleure preuve que l'Iran est disposé à coopérer ». Si leurs vues ont divergé sur la plupart des thèmes abordés, députés européens et iraniens se sont accordés pour exiger la fermeture du camp de Guantanamo. Pour conclure, Mme Beer a dit espérer que cette première réunion sera le « point de départ d'un dialogue permanent ». (eh)