Bruxelles, 11/10/2006 (Agence Europe) - Le Commissaire Olli Rehn a plaidé le 10 octobre auprès du président des Chypriotes turcs, Mehmet Ali Talat, pour qu'il accepte la proposition de compromis de la Présidence finlandaise de l'UE sur le commerce direct entre la partie nord de Chypre et l'UE. Cette proposition, qui est toujours gardée secrète, est la « seule issue possible » et « probablement la dernière opportunité pendant plusieurs années de parvenir à un accord », a dit M. Rehn à M. Talat au cours de leur rencontre mardi à Bruxelles (voir EUROPE n°9283). La Commission soutient entièrement les efforts de la Présidence, a dit M. Rehn qui estime qu'un accord sur cette question permettrait aussi des avancées vers un règlement global du problème chypriote. En revanche, officiellement, la Commission refuse toujours de faire un lien entre l'ouverture du commerce direct entre la partie turque de Chypre et l'UE et la question de la mise en œuvre, par la Turquie, du protocole additionnel sur l'Union douanière. Pour la Commission, Ankara a une obligation juridique de mettre en œuvre le protocole indépendamment du dossier sur le commerce direct.
Mehmet Ali Talat s'est montré plutôt réservé sur la proposition finlandaise. Lors d'une conférence de presse à l'issue de son entretien avec M.Rehn, le dirigeant chypriote turc a réclamé une levée « inconditionnelle » de l'isolement de la partie nord de l'île. La levée de l'embargo « est une action unilatérale » promise par l'ONU comme par l'UE après l'échec de la réunification de Chypre en 2004. La proposition finlandaise prévoit effectivement d'ouvrir le commerce direct (dans le respect de certaines conditions techniques), mais elle ne prévoit la fin que d'une « petite partie » de l'isolement, a critiqué M. Talat. « Le commerce direct n'est pas la fin de l'isolement des Chypriotes turcs ». En plus, la proposition finlandaise contient « des éléments dangereux », liés au règlement global du conflit chypriote, a-t-il estimé. Les Chypriotes turcs veulent une solution globale, mais sous mandat de l'ONU et non de l'UE.
Entre-temps, dans une interview accordée au Frankfurter Allgemeine Zeitung du 11 octobre, le président de la Commission José Manuel Barroso s'est dit « très préoccupé » face au « manque de signaux » favorables en provenance d'Ankara sur la question du protocole additionnel. (hb)