Bruxelles, 28/07/2006 (Agence Europe) - Satisfaits de la récente décision du Tribunal de première instance contrecarrant les plans de fusion de Sony et BMG, l'association des artistes et producteurs de musique indépendants (IMPALA) l'est tout autant de l'effet dissuasif que celle-ci aura provoqué aussi sur les autres grands du secteur. La décision du Tribunal a en effet refroidi les ambitions d'EMI et Warner, dont le projet de rapprochement soulevait des interrogations similaires au cas du japonais Sony et de l'allemand BMG. EMI, troisième maison de disques mondiale, et Warner, qui occupe la quatrième place sur l'échiquier de l'industrie musicale, ont en effet mis leur projet de fusion entre parenthèses. Dans un communiqué, EMI annonçait ainsi jeudi que son conseil d'administration « a décidé de ne pas poursuivre la recherche d'un accord avec Warner Music en vue d'une fusion ». Cette déclaration a aussitôt été saluée par Patrick Zelnik, président d'Impala, qui appelle les forces en présence - la Commission, les majors et les indépendants - à « travailler ensemble et à saisir cette opportunité pour reconstruire une Europe culturelle compétitive et innovante ».
Independent Music Publishers and Labels Association (IMPALA), qui avait demandé l'annulation de la décision de la Commission du 18 juillet 2004 autorisant la fusion Sony BMG, avait obtenu gain de cause auprès de la justice européenne à la mi-juillet (EUROPE n° 9232). Pour les juges, « la Commission n'a démontré (...) ni l'inexistence d'une position dominante avant la concentration ni l'absence de risque de création d'une telle position du fait de l'opération ». Les deux groupes envisageaient de regrouper leurs activités mondiales en matière de musique enregistrée, risquant, selon l'association IMPALA, de mettre à mal la diversité culturelle en Europe et dans le monde.