Bruxelles, 28/07/2006 (Agence Europe) - La Présidence finlandaise a publié le 27 juillet une déclaration exprimant la « vive préoccupation » de l'UE face à la détérioration de la situation de la liberté d'expression et le sort des défenseurs des droits de l'homme en Iran. « L'UE demande à l'Iran de respecter pleinement ses obligations internationales en matière de droits de l'homme, en particulier celles qui figurent dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, en vertu duquel toute personne a droit à la liberté d'expression, et dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui garantit le droit de former un syndicat et de s'y affilier », lit-on dans cette déclaration.
L'Union critique notamment plusieurs cas récents où des défenseurs des droits de l'homme - et notamment des avocats et des personnes dénonçant des atteintes aux droits des travailleurs - ont été arrêtés ou condamnés à de longues peines d'emprisonnement après avoir exercé leurs droits de manière pacifique. Ainsi, Abdolfattah Soltani, un avocat spécialiste des droits de l'homme, a été condamné à cinq ans de prison et cinq ans d'interdiction de droits civils parce qu'il aurait divulgué des informations classifiées et diffusé de la propagande hostile au régime. Cette peine a été prononcée à huis clos par un tribunal révolutionnaire pénal. A ce sujet, la Présidence finlandaise rappelle que « l'UE ne reconnaît que les décisions judiciaires rendues au terme d'un procès équitable et public mené par un tribunal impartial et indépendant établi par la loi ». La déclaration cite aussi le cas de Ali Akbar Mousavi Khoeini, un ancien membre du Majlis, qui a été arrêté le 12 juin lors d'une manifestation en faveur des droits des femmes et qui n'aurait pas accès aux services d'un avocat et serait en mauvaise santé. Deux autres avocats, Farshid Yadollahi et Omid Behrouzi, qui sont intervenus dans des affaires importantes de droits de l'homme au nom des soufis de Qom, ont été condamnés eux-mêmes à un an de prison, à 74 coups de fouet et à des amendes. En outre, l'UE a reçu des informations sur l'arrestation récente à Téhéran de neuf personnes dénonçant des atteintes aux droits des travailleurs. « L'UE invite l'Iran à s'abstenir de punir des personnes qui ont exercé de manière pacifique des droits garantis par les conventions internationales sur les droits de l'homme, et notamment le droit à la liberté d'expression », conclut la déclaration de l'UE à laquelle sont également ralliés Turquie, Bulgarie, Roumanie, Croatie, Arym, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Islande, Liechtenstein, Norvège, Ukraine et Moldova.