Bruxelles, 14/07/2006 (Agence Europe) - L'agenda du Conseil « Affaires générales/Relations extérieures » qui se tiendra le 17 juillet à Bruxelles (le premier sous Présidence finlandaise) ne prévoit aucune décision substantielle mais des discussions importantes sur des sujets internationaux de premier plan, tels que l'escalade de la violence au Proche-Orient, le dossier nucléaire iranien, l'état des négociations commerciales à l'OMC ou l'avenir des relations avec les pays des Balkans occidentaux. La réunion commencera à 10 heures avec un débat public sur les priorités de la Présidence finlandaise (la discussion peut être poursuivie via video streaming sur la page web suivante: http: //http://www.consilium.europa.eu/videostreaming ).Voici l'ordre du jour:
Proche-Orient. Au cours du déjeuner, les ministres discuteront de la situation au Liban et en Israël suite à l'escalade de la violence de ces derniers jours, et des initiatives que l'UE pourrait prendre pour contribuer à un arrêt du cercle vicieux de la violence et des représailles. Les ministres entendront un rapport du Haut représentant de l'UE pour la Pesc, Javier Solana, qui, comme nous l'avions anticipé (EUROPE n° 9232), devait se rendre ce samedi au Proche-Orient pour des entretiens avec les différentes parties. Jeudi, la Présidence finlandaise a publié une déclaration dans laquelle l'UE se dit « très préoccupée par le recours disproportionné d'Israël à la force au Liban en réponse aux attaques du Hezbollah contre Israël ». Le blocus aérien et maritime imposé au Liban ne peut pas être justifié, affirme l'UE, pour qui les opérations menées par Israël sont « contraires au droit humanitaire international ». La Présidence finlandaise a aussi demandé au Hezbollah à libérer immédiatement et inconditionnellement les soldats israéliens enlevés et à cesser toutes les attaques contre Israël. Le gouvernement du Liban a été invité à faire tout le possible pour prévenir de telles attaques.
Commerce/Cycle de Doha. Le Commissaire Peter Mandelson informera les ministres sur l'état des négociations sur le cycle de Doha, après l'échec de la réunion ministérielle de juin et en vue d'une nouvelle réunion ministérielle qui pourrait avoir lieu à la fin du mois (voir autre nouvelle). Les ministres examineront aussi d'éventuels progrès qui pourraient résulter des pourparlers informels de ce week-end en marge du Sommet du G8 à Saint-Pétersbourg et de la réunion (prévue le 17 juillet) des dirigeants du G8 avec leurs homologues de Chine, Inde, Brésil, Mexique et Afrique du Sud. Le Conseil devrait aussi adopter lundi des conclusions dans lesquelles il prévoit la possibilité de tenir - si nécessaire - une réunion extraordinaire du Conseil « Affaires générales » en marge d'une éventuelle réunion ministérielle de l'OMC fin juillet à Genève.
Iran. Le Conseil adoptera des conclusions sur le dossier nucléaire iranien. Jeudi, lors d'une réunion à Paris, les ministres des Affaires étrangères des « Six » ont décidé de renvoyer le dossier au Conseil de sécurité de l'ONU pour étudier l'opportunité de sanctions économiques et diplomatiques contre Téhéran (voir EUROPE n° 9232).
Balkans occidentaux. Le Conseil adoptera des conclusions sur la Serbie/Kosovo, l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), le Monténégro et sur la coopération régionale (voir autre nouvelle). Lundi après-midi, en marge du Conseil, auront également lieu des réunions de la Troïka ministérielle de l'UE avec la Bosnie-Herzégovine et la Serbie.
Migration. Le Conseil adoptera des conclusions qui souligneront la nécessité d'assurer un maximum de cohérence et de coordination entre les différentes politiques communautaires touchant la problématique de la migration, telles que la politique de développement ou les actions en matière de justice et affaires intérieures. Les ministres se féliciteront aussi des résultats de la conférence ministérielle de Rabat de cette semaine (voir EUROPE n° 9230) et adopteront la position commune de l'UE en vue du dialogue de haut niveau sur la migration et le développement qui sera organisé par les Nations unies en septembre à New York.
Soudan/Darfour. Les ministres adopteront des conclusions dans lesquelles ils lanceront un nouvel appel à ceux qui n'ont pas signé l'accord de paix pour le Darfour (DPA) à y participer et à s'engager à le mettre en œuvre. Ils souligneront aussi leur appui à la décision du Conseil de paix et de sécurité de l'Union Africaine (UA) du 27 juin dernier d'imposer des mesures ciblées à l'encontre de ceux qui fragilisent le DPA, entravent sa mise en œuvre ou violent le cessez-le-feu global. Le Conseil notera aussi le rôle essentiel joué par la mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) pour le processus de paix au Darfour, et notamment pour la mise en œuvre du DPA. L'UE soutient la décision de l'UA de transformer l'AMIS en une opération de maintien de la paix des Nations unies. Le Conseil est favorable à ce que le Conseil de sécurité adopte rapidement une résolution établissant une opération de l'ONU au Darfour, « qui constitue la seule solution viable et réaliste à long terme», affirme le projet de conclusions. L'UE réitérera aussi sa disponibilité à soutenir les efforts de l'UA et de l'AMIS sur le plan politique et financier, ainsi qu'en termes de moyens militaires et de police. La conférence de l'AMIS qui se tiendra le 18 juillet à Bruxelles à l'initiative conjointe de l'UA, de l'ONU et de l'UE sera une occasion importante pour améliorer l'efficacité de l'AMIS grâce au soutien de l'UE. L'UE appellera aussi le gouvernement du Soudan et toutes les parties au Darfour à lever immédiatement tout obstacle à l'acheminement de l'aide et à cesser de faire obstruction au travail humanitaire et à l'assistance apportée à l'AMIS.
République Démocratique du Congo (RDC). Les ministres feront le point sur les préparatifs en cours dans ce pays en vue des premières élections démocratiques depuis quarante ans et souligneront, dans des conclusions, la nécessité de veiller au caractère transparent et régulier du processus électoral. Dans ses conclusions, le Conseil demandera aux autorités de transition de la RDC ainsi qu'aux forces politiques du pays de respecter pleinement les principes démocratiques et les libertés fondamentales durant la campagne électorale. Les ministres inviteront par ailleurs les forces de sécurité congolaises à faire preuve de retenue et à demeurer neutres tout en assurant la sécurité du processus électoral. Le Conseil saluera aussi les progrès réalisés dans le déploiement de l'opération EUFOR (RDC), à l'appui de la MONUC, et soulignera que l'EUFOR sera pleinement opérationnelle « sous peu », pour une période pouvant aller jusqu'à quatre mois à compter du 30 juillet (date à laquelle doit avoir lieu le premier tour des élections présidentielles et législatives).