Strasbourg, 17/02/2006 (Agence Europe) - En adoptant jeudi soir une résolution des groupes PPE-DE, PSE, ALDE, Verts/ALE, GUE/NGL et UEN, le Parlement a condamné la destruction du cimetière arménien de Djulfa, en Azerbaïdjan en décembre dernier, ainsi que les destructions d'autres sites historiques sur le sol arménien et azéri, et a demandé à l'Azerbaïdjan d'autoriser une délégation de députés européens et des missions chargées de la préservation de l'héritage culturel de se rendre sur place. Les plans d'action conclus dans le cadre de la politique de voisinage de l'UE à l'égard de ces pays doivent comporter des clauses à ce sujet, demande le Parlement, et le Commissaire Joe Borg a confirmé que les plans d'action en cours de négociation avec Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie couvrent la coopération en matière de culture et d'éducation.
Au cours du débat, la majorité des députés ont pointé du doigt les autorités azéries, qui nient toute responsabilité pour les vandalismes de décembre dernier. Sans leur accord, de tels actes n'auraient pas été possibles, s'est indigné le conservateur britannique Charles Tannock, en ajoutant: pourquoi ces autorités ne permettent-elles pas des visites sur place ? La verte française Marie Anne Isler Béguin, en revanche, a prié de « ne pas jeter l'huile sur le feu » au moment où un espoir fragile d'entente entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan semble se dessiner à propos du conflit au Nagorno-Karabakh. Marcin Libicki (UEN, polonais) a, comme d'autres, demandé avec véhémence que l'on protège des monuments qui
« démontrent l'unité de l'Europe » et son héritage chrétien (lorsque j'ai visité les églises et les monuments d'Arménie, cela m'a rappelé l'Espagne, pourtant si éloigné, a-t-il dit). Un autre Polonais, le non inscrit Ryszard Czarnecki, a dénoncé la dérive autoritaire du régime azéri, en s'exclamant: « nous devons protéger les monuments, mais aussi les gens ».