Bruxelles, 31/08/2005 (Agence Europe) - La Turquie sera le sujet phare de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne les 1er et 2 septembre à Newport, au Pays de Galles. Les ministres vont débattre d'une déclaration européenne en réponse à la déclaration annexée par la Turquie lors de la signature de l'extension de l'accord d'Union douanière, dans laquelle elle a indiqué que malgré cette signature, elle continue à ne pas reconnaître la République de Chypre. La réunion des ambassadeurs des 25, mercredi à Bruxelles, a permis d'arriver à un accord sur le principe d'adopter une telle déclaration européenne, indiquaient plusieurs diplomates à l'issue des discussions. Les pays qui n'avaient pas demandé une telle déclaration « comprennent le besoin de la France, la Grèce ou Chypre d'en obtenir une », indique un diplomate. « Même si cette déclaration turque était attendue, beaucoup pensent qu'elle est malheureuse », précise une autre source européenne.
Les débats jeudi après-midi porteront donc en grande partie sur la tonalité et le contenu de ce que la Grèce, notamment, appelle une « contre-déclaration ». La déclaration devrait évoquer, d'une part, la question de la reconnaissance de Chypre, et d'autre part la mise en œuvre de l'accord d'union douanière et son évaluation. Les ministres discuteront notamment de l'exigence de voir la Turquie ouvrir l'accès de ses ports et aéroports aux appareils chypriotes, même si beaucoup préfèrent une déclaration générale sur le respect des engagements plutôt que de rentrer dans le détail des conséquences pratiques. Les ministres devraient ensuite présenter les résultats de leurs discussions au cours du déjeuner de travail prévu vendredi avec leurs homologues turc et croate. Il est probable que les discussions sur la déclaration, comme sur le cadre de négociation avec la Turquie, que l'UE doit aussi adopter avant le 3 octobre, se poursuivront ensuite au Coreper, indiquent des diplomates européens. Le lancement, symbolique, des négociations le 3 octobre n'est pas remis en cause, précisent ces mêmes sources diplomatiques.
Après les déclarations très fortes des dirigeants français sur la question, on se félicitait, de source française, que les orientations prises par le Coreper aillent « dans le bon sens ». « Il faut une déclaration du côté UE qui rappelle à la Turquie l'importance d'appliquer ses engagements », estime-t-on de source française. Tout en insistant sur le soutien fort de son pays à la candidature turque, le porte-parole du ministre grec des Affaires étrangères, George Koumoupsakos, a déclaré que « puisque la Turquie a créé des problèmes avec cette déclaration, et la façon dont elle l'a présentée, la seule manière (de répondre) est une contre-déclaration claire de l'Union européenne ». Selon lui, la déclaration devra aller plus loin que ce qui a été proposé mercredi par la Présidence, tant pour sa tonalité que sa substance.
Le Gymnich ne portera pas que sur la Turquie. La Croatie sera aussi à l'ordre du jour des discussions de jeudi après-midi. Auparavant, au déjeuner, les ministres auront évoqué l'Iran (voir ci-dessous). Le déjeuner de vendredi sera consacré au Proche-Orient, avec les interventions de Javier Solana, de retour de la région, et de l'envoyé du Quartette pour le suivi du désengagement de Gaza, James Wolfensohn. Egalement à l'ordre du jour, les Balkans (et en particulier le Kosovo), l'immigration (à la demande de Malte), la Russie, et l'idée d'un traité international sur les ventes d'armes conventionnelles, pour élargir le code de conduite de l'UE.