Bruxelles, 06/04/2005 (Agence Europe) - Le Commissaire au commerce Peter Mandelson a réagi mercredi aux critiques du secrétaire d'Etat américain adjoint et ancien Représentant américain au commerce (USTR) Robert Zoellick sur sa manière de gérer l'affaire Airbus/Boeing (voir EUROPE n° 8921) en affirmant que pour lui le différend sur les aides publiques aux deux constructeurs d'avions est une « question politique, pas une question personnelle ». « Dans ma carrière politique, j'ai vu d'autres attaques personnelles beaucoup plus rudes », a-t-il déclaré à la presse. La position de M. Zoellick (qui pour l'instant reste provisoirement en charge du dossier Airbus/Boeing, en attendant la confirmation par le Congrès du nouveau USTR, Rob Portman) « n'est pas facile, car le mandat qu'il a reçu de Boeing est de supprimer tous les investissements de lancement effectués par Airbus, et il doit réussir cela immédiatement, sans délai », a noté M. Mandelson. Selon lui, M. Zoellick n'a « peu ou pas de marge de manœuvre pour faire des compromis », étant donné que Boeing fait fortement pression sur la Maison Blanche et sur le Congrès. L'UE reste toujours fortement intéressée à aboutir à une « solution à l'amiable », négociée en dehors des mécanismes de règlement des différends de l'OMC, a insisté M. Mandelson. « Je continue à croire qu'une solution négociée serait de loin préférable à l'option de porter l'affaire devant l'OMC, qui est une organisation qui a mieux à faire que de trancher sur la rivalité entre deux importantes sociétés qui luttent toutes les deux pour dominer un marché global qui, franchement, est suffisamment vaste pour s'accommoder des deux », a-t-il dit. Les propositions soumises par l'UE aux autorités américaines en vue d'une approche en deux étapes sont « raisonnables, équilibrées et constructives », a estimé M. Mandelson. Ces propositions ont été expliquées à M. Zoellick lors de la récente conversation téléphonique de mars dernier (qui a cependant tourné court et a provoqué la suspension des pourparlers), « et depuis lors, il y a eu au moins trois contacts par des canaux officiels » entre la Commission et les autorités américaines. Pour M. Mandelson, il ne peut donc pas être question d'affirmer que la Commission préfère le « spin » à la communication directe et franche avec Washington, comme l'avait affirmé mardi M. Zoellick. En revanche, les Américains n'ont pas encore répondu à nos propositions, a précisé le Commissaire. Interrogé sur les « bons souvenirs personnels» de M. Zoellick sur ses relations avec Pascal Lamy, M. Mandelson a répliqué: « Apparemment, Bob a dit que lui et Pascal Lamy ont tout géré de manière brillante. Et bien, je ferai de mon mieux pour faire de même ».