Bruxelles, 30/03/2005 (Agence Europe) - « J'entends avoir une équipe dirigeante véritablement multinationale si je deviens président de la Banque mondiale. J'ai l'intention de rechercher les meilleurs talents partout dans le monde. Il y a de grands talents ici en Europe, mais aussi dans les pays en développement et j'aurai besoin de toute l'aide possible », a déclaré mercredi le candidat américain à la présidence de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, à l'issue d'une rencontre informelle à Bruxelles avec les gouverneurs européens de la Banque mondiale. S'il s'est dit attaché à la constitution d'une « équipe multinationale » à la tête de l'institution internationale en charge des questions de développement, M. Wolfowitz n'a toutefois pas promis publiquement aux Européens la vice-présidence qu'ils réclament. La réunion avec les gouverneurs européens (UE plus Suisse et Groupe nordique) de la Banque mondiale à laquelle participait également le Premier ministre luxembourgeois et président en exercice du Conseil de l'UE, Jean-Claude Juncker, était en effet l'occasion pour les gouverneurs d'insister sur leur souhait d'une meilleure représentation européenne au sein des hautes instances dirigeantes de la Banque mondiale avant la décision finale confirmant M. Wolfowitz à sa tête. Pour rassurer les Européens, M. Wolfowitz a néanmoins estimé qu'il était « important » que la future équipe dirigeante de la Banque reflète le poids de l'Europe, principal bailleur de fonds de la banque, sans négliger celui de « l'entière diversité des donateurs et des récipiendaires », notamment des pays en développement.
Lors de cette réunion informelle, les discussions ont essentiellement porté sur le travail futur de la Banque mondiale pour atteindre les objectifs du Millénaire qui prévoit la réduction de la moitié de la pauvreté dans le monde d'ici 2015, de renforcer la lutte contre les maladies comme le sida ou la tuberculose, et de permettre l'accès à l'éducation pour tous. « Les objectifs du Millénaire ne sont pas une simple profession de foi, mais un instrument très concret pour mesurer l'efficacité de l'aide », a reconnu M. Wolfowitz. Si l'actuel secrétaire adjoint américain à la défense a reconnu que son parcours politique de néo-conservateur et d'artisan de la guerre en Irak faisait de lui une « figure controversée » pour succéder à James Wolfensohn, l'actuel président de la Banque mondiale, M. Wolfowitz a néanmoins promis d'être « totalement dévoué à la noble mission de réduire la pauvreté et lutter pour le développement dans le monde ». « Je crois profondément au travail de la Banque. (…) Il n'y a rien de plus gratifiant que d'aider les populations dans le besoin », a poursuivi M. Wolfowitz, qui a rappelé l'engagement des Etats-Unis à aider les pays victimes du tsunami du 26 décembre dernier et son expérience en tant qu'ancien ambassadeur américain en Indonésie. « La paix et la liberté sont aussi renforcées quand les peuples bénéficient de la prospérité », a-t-il ajouté, mettant toutefois en garde contre les « obstacles au développement que sont la corruption et la mauvaise gouvernance ». La nomination de M. Wolfowitz à la tête de la Banque mondiale pourrait déjà être entérinée à Washington ce jeudi par un vote de l'ensemble de ses administrateurs. Représentée lors de la réunion par le Commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, la Commission européenne a exprimé sa satisfaction à l'écoute des propos de M. Wolfowitz, « notamment en matière de commerce et de réduction de la pauvreté ». Après l'intronisation de M. Wolfowitz, le Commissaire au développement, Louis Michel, pourrait, selon la Commission, le rencontrer à la mi-avril.