Bruxelles, 23 mars 2005 (Agence Europe) - La candidature controversée de Paul Wolfowitz au poste de président de la Banque mondiale a fait l'objet, mardi soir, d'un échange de vues non conclusif des ministres des Finances de l'UE, réunis à Bruxelles pour le Sommet de printemps. Mais d'ores et déjà, il semble que les ministres souhaitent entendre ce que M. Wolfowitz a à dire sur son programme, si possible avant le 31 mars, et que l'Europe espère au moins obtenir un poste dans l'équipe dirigeante de la Banque mondiale si la décision finale devait se porter sur le candidat américain. "Il n'y a eu aucun accord. Nous avons seulement souligné la nécessité d'une plate-forme européenne pour entendre le candidat et prendre ensuite des orientations. Nous avons demandé que préalablement à toute décision, le candidat américain nous communique quel sera son programme, sachant qu'il va s'occuper de lutte contre la pauvreté et de politique africaine", ce qui est une spécificité européenne, a déclaré à la presse Didier Reynders, le ministre belge des Finances, qui a évoqué la possibilité d'une rencontre "avant le 31 mars", avec les ministres des Finances de l'UE et leurs homologues chargés de la politique de développement. Il a aussi ajouté qu'il y aura une proposition européenne pour placer quelqu'un dans l'équipe du futur président de la Banque mondiale, étant entendu que le vice-président sera chinois. Karl Heinz Grasser, ministre des Finances autrichien, a jugé que Paul Wolfowitz est "un candidat sérieux". "Je n'ai pas ressenti d'attitude négative à son égard. Dès lors, je pense qu'il est considéré comme un candidat sérieux par tout le monde", a assuré Gerrit Zalm, ministre des Finances des Pays-Bas. Le Premier ministre espagnol Zapatero s'est borné à déclarer que l'Espagne avait pris note de la candidature de Paul Wolfowitz et qu'elle s'inscrirait dans le consensus européen. Le chancelier Schröder a rappelé que le Président Bush l'avait appelé au téléphone avant d'annoncer la candidature de M. Wolfowitz et qu'il avait promis que l'Allemagne aurait une attitude constructive. L'invitation lancée à Wolfowitz par le Commissaire européen au Développement, Louis Michel, pour venir à Bruxelles présenter son programme à une équipe européenne, a été acceptée.