Bruxelles, 21/12/2004 (Agence Europe) - La nouvelle Présidente du Comité économique et social européen (CESE), Anne-Marie Sigmund, a toutes les raisons d'être satisfaite: le programme de travail pour les deux années de son mandat qu'elle a présenté à la plénière du CESE le 15 décembre a obtenu l'appui général de toutes les forces vives représentées au sein du CESE.
Ainsi, le président du groupe « activités diverses », l'agriculteur suédois Staffan Nilsson, a d'entrée de jeu cité un proverbe selon lequel "l'effort consiste à décider de ce que l'on va faire". Il s'applique à votre programme, Madame, que j'apprécie pleinement", a-t-il assuré. En soulignant les points importants pour son groupe, M. Nilsson a mis en exergue le dialogue social. Le président du groupe des travailleurs, le syndicaliste italien Mario Sepi, est satisfait de constater que le programme s'inscrit "dans le droit fil des présidences de Göke Frerichs et de Roger Briesch". Une continuité qui est importante pour faire avancer les choses, selon M. Sepi qui déclare: "Vous êtes en mesure de répondre aux défis de notre époque. Nous sommes entièrement d'accord sur le contenu économique et social, ainsi que sur vos objectifs, notamment en ce qui concerne l'organisation interne du Comité". Mario Sepi a insisté sur la nécessité d'un pacte social et, à propos des perspectives financières, il a estimé que "nous devons exprimer l'intérêt général de l'UE (…) et pousser vers des politiques de plus en plus fortes". "Votre programme est ambitieux et il est bon qu'il le soit", a déclaré avec beaucoup d'enthousiasme le président du groupe des employeurs, le directeur général de la Confcommercio (Italie) Giacomo Regaldo. "C'est l'avenir de l'Europe, qui se joue aujourd'hui. J'ai la nostalgie des valeurs qui ont construit l'Europe, mais cette Europe a besoin d'une nouvelle renaissance", a commenté M.Regaldo en précisant: "Il faut développer le dialogue civil mais aussi maintenir une distinction entre dialogue civil et dialogue social (…). Nous serons crédibles si la cohésion économique et sociale sera une de ces valeurs que la nostalgie nous rappelle".
En présentant son programme (voir EUROPE des 3 novembre, p.15 et 15 décembre, p.18), Mme Sigmund a insisté sur les défis et priorités de l'UE qui se retrouveront à l'ordre du jour du CESE, à savoir: 1) la stratégie de Lisbonne: la société civile n'est pas assez impliquée dans cette stratégie, estime Mme Sigmund. Il appartient donc au Comité, oeuvrant de concert avec les partenaires sociaux et les ONG au niveau européen, de relever le défi de présenter et concrétiser un "programme de redressement" de cette stratégie; 2) communiquer l'Europe: pour impliquer la société civile, il faut susciter son intérêt, constate la nouvelle Présidente. Pour elle, la ratification du Traité constitutionnel sera l'occasion de lancer une campagne dans ce sens. Mme Sigmund a appelé les membres du Comité à être les tout premiers vecteurs de cette campagne; 3) politique étrangère: Mme Sigmund a notamment estimé que la Commission a donné un signal judicieux en inscrivant explicitement la politique de voisinage dans les compétences de la Commissaire Benita Ferrero-Waldner. Mme Sigmund y voit aussi une nouvelle priorité pour le Comité. Par ailleurs, elle estime que les contacts avec les représentants de la société civile des Balkans doivent être renforcés. Elle s'est félicitée du succès des relations du CESE hors du continent européen, notamment dans le cadre de la table ronde UE-Inde. La Présidente s'emploiera à obtenir un mandat pour établir une table ronde avec la Chine, sur le modèle de celle avec l'Inde.
En ce qui concerne les valeurs et objectifs de l'Europe, Mme Sigmund a insisté sur le lien étroit entre la stratégie de Lisbonne et la stratégie de développement durable. Le principe de durabilité représente un "plus" européen élevé au rang d'objectif, il vise à préserver les ressources mondiales d'aujourd'hui pour l'humanité de demain, et représente dans le même temps un pacte de solidarité entre les peuples et les cultures de notre planète, affirme-t-elle. Enfin, Anne-Marie Sigmund a annoncé le lancement par le CESE d'un "prix de la société civile", récompensant des prestations exceptionnelles en faveur de la société civile. Elle a conclu son exposé par une citation du grand écrivain autrichien Joseph Roth, datant de 1934 mais toujours "pertinente": "Il existe toujours, même aujourd'hui, un désir, une nostalgie de solidarité européenne, de solidarité de la culture européenne".