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Bulletin Quotidien Europe N° 8839
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La délégation italienne du PSE appelle à la constitution d'un front du Sud face au front de la rigueur

Bruxelles, 01/12/2004 (Agence Europe) - Lors d'une conférence de presse, les membres italiens Pasqualina Napoletano et Gianni Pittella du groupe socialiste du Parlement européen ont fait part mardi de leurs préoccupations au sujet des négociations sur les perspectives financières pour la période 2007-2013. Ils appellent à la création d'un front des pays du Sud, dans lequel l'Italie devra jouer un rôle majeur, et annoncent une initiative politique pour janvier 2005.

Les deux élus de la liste « Uniti nell'Ulivo » ont vivement dénoncé la position des six États membres (Allemagne, Autriche, France, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède) réunis au sein du « front de la rigueur » qui, dans une lettre adressée en décembre 2003 à la Commission européenne, avaient demandé de plafonner le budget européen, à partir de 2007, à 1% du Revenu national brut (RNB) communautaire. Pasqualina Napoletano a fait état de sa « préoccupation vis-à-vis du raisonnement erroné des pays contributeurs nets, d'autant plus que la dépense réelle est en fait toujours inférieure à ce pourcentage de 1% ». Une note distribuée à l'occasion de la conférence de presse indique les dépenses du budget communautaire qui ont atteint 1,09% du RNB en 1997 et que, depuis, elles ont constamment diminué, pour atteindre 0,88% en 2001. À titre explicatif, Gianni Pittella, membre de la commission parlementaire ad hoc sur les perspectives financières 2007-2013 présidée par Josep Borrell, retient trois chiffres. « Lors des négociations sur les perspectives financières 2000-2006, le Parlement européen avait proposé 111 milliards d'euros, la Commission 108-109 milliards et le Conseil 105 milliards. Après un important bras de fer avec le Conseil, le Parlement européen a obtenu 105 milliards et des poussières. Pourquoi le Conseil souhaitait-il 105 milliards d'euros ? Parce que cela correspond exactement à la limite de 1% du RNB. »

Si un accord politique sur les perspectives financières 2007-2013 est atteint sur la base restrictive de la lettre des « Six », les deux députés italiens chiffrent la perte sèche à 200 milliards d'euros. Selon Gianni Pittella, « si nous faisons des projections, un plafond à 1% signifierait un paquet financier équivalent à environ 800 milliards d'euros, bien loin du chiffre de 1020 milliards que la Commission Prodi a proposés en février 2004. » Dans un tel cas de figure, il faut s'attendre à une nette réduction des moyens financiers de l'Union européenne, qui toucherait en premier lieu la politique de cohésion et, dans une moindre mesure, d'autres politiques internes telles que la recherche, l'éducation et la formation. En revanche, un accord existe déjà sur le plafonnement des dépenses agricoles.

L'Italie, dont le Mezzogiorno est un important bénéficiaire des fonds structurels de l'UE, doit réagir au plus vite, affirment Mme Napoletano et M. Pittella. « Au sein du Conseil, le risque est grand d'assister à un mariage pervers entre le front de la rigueur et les nouveaux États membres. Ces deux blocs pourraient tomber d'accord pour procéder à une coupe franche dans le budget de la future politique de cohésion, pour attribuer ce qui reste aux pays d'Europe centrale et orientale », indique Gianni Pittella. Alors, le soutien aux régions des pays méditerranéens en proie à des difficultés structurelles se réduirait comme peau de chagrin. Dans la difficile bataille qui s'annonce, Gianni Pittella regrette l'absence de position ferme de la part de l'Italie. « Aujourd'hui même, l'Espagne, la Grèce et le Portugal se réunissent pour envisager la possibilité d'une position commune dans cette affaire et l'Italie n'est pas présente », déplore-t-il.

Lors de la discussion au Conseil Affaires générales du 22 novembre sur les perspectives financières. Gianfranco Fini, nouveau ministre italien des Affaires étrangères, s'était prononcé à la fois en faveur de la « discipline budgétaire » et de la « nécessité de doter l'Union européenne de ressources suffisantes ». Sans approuver la lettre des « Six », il avait indiqué que « il faut trouver une ligne médiane » dans les négociations sur les perspectives financières. Gianni Pittella et Gianfranco Fini sont au moins d'accord sur un point. Selon eux, le « chèque britannique » ne peut plus être maintenu tel quel parce que les conditions socio-économiques ont beaucoup évolué depuis le célèbre « I want my money back » de Margaret Thatcher.

Pasqualina Napoletano et Gianni Pittella promettent de continuer à se faire entendre. Ils annoncent une initiative politique d'envergure pour janvier 2005, afin de rassembler le plus largement possible en dépassant les clivages politiques classiques. Les négociations sur les perspectives financières s'intensifieront au cours de la Présidence luxembourgeoise. Le Conseil espère parvenir à un accord politique pour le Conseil européen de juin 2005 et à une adoption définitive en fin d'année, sous présidence britannique.

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