Bruxelles, 19/11/2004 (Agence Europe) - Les ministres de la Justice et des affaires intérieures des 25 ont approuvé vendredi les grandes lignes de la stratégie 2005-2012 de l'Union européenne contre la drogue, qui sera lancée par le Conseil européen le 17 décembre. Cette stratégie très générale servira de base à deux plans d'action consécutifs de quatre ans, dont le premier doit être soumis par la Commission européenne au Conseil début 2005. Le problème de la drogue est avant tout local et national, mais doit aussi être abordé au niveau européen, avec la coordination des actions des différents acteurs, ainsi que par des actions d'information et de prévention qui complètent celles des Etats membres, peut-on lire en introduction de la stratégie.
La stratégie est fondée sur quatre axes "réduction de l'offre, réduction de la demande, analyse et évaluation scientifique, et coopération internationale", a précisé à la presse le ministre néerlandais de la Justice, Piet Hein Donner. Elle reste très générale, sans calendrier ni objectif quantifié pour la réduction de l'usage et de la vente de drogue. Pour diminuer la consommation, le document évoque des actions de prévention contre l'usage de la drogue et contre la transmission de maladies telles que le SIDA par les consommateurs de drogue, de traitement et de réhabilitation. Pour lutter contre l'offre, la stratégie indique qu'il faut renforcer la coopération entre les polices des différents Etats membres, mieux utiliser Europol et Eurojust, ainsi que les équipes d'enquête communes. La stratégie préconise de renforcer la coopération avec des régions spécifiques - frontières orientales de l'UE, Balkans, Afghanistan, Amérique Latine, Caraïbes, Maroc - et dans les organisations internationales. La stratégie demande également de renforcer l'analyse en commun du problème de la drogue. La Commission européenne devra évaluer chaque année la mise en œuvre de la stratégie.
L'objectif de coordination des politiques contre la drogue se heurte parfois aux différentes traditions nationales. Ainsi, le Conseil a adopté le 26 octobre une décision-cadre rapprochant la définition et la sanction du trafic de drogue dans les Etats membres après trois longues années de discussions, longtemps bloquées sur la question des drogues douces. Les Pays-Bas ont finalement obtenu, contre la Suède et la France, que le texte les autorise explicitement à continuer à tolérer les drogues douces et les coffee-shops. Cette décision-cadre fixe une définition commune du trafic de drogue et une certaine harmonisation des sanctions, qui vont par paliers de "sanctions dissuasives" jusqu'à un maximum d'au moins 1 an, 5 ans puis 10 ans selon la gravité du trafic et le degré de dangerosité de la drogue. Il s'agit de la principale décision européenne pour la lutte contre le trafic de drogue.