Bruxelles, 25/10/2004 (Agence Europe) - Pour empêcher que le rejet de la Constitution européenne par l'un ou l'autre Etat membre de l'UE plonge l'Europe dans la "paralysie", l'Italie devrait jouer "un rôle de leadership, puisque le Traité est signé à Rome et que nous serons probablement le premier pays à le ratifier", et faire « pression sur les partenaires européens afin que, avant le début du processus de ratification, chaque chef de gouvernement s'engage, si son pays devait rejeter ce traité, à décider dans un certain délai s'il veut continuer à être dans l'UE avec la nouvelle Constitution, ou si il veut en sortir tout à fait", affirme le Commissaire européen à la concurrence Mario Monti dans une interview à La Repubblica du 23 octobre. En d'autres termes, selon M. Monti, "celui qui ne voudra pas le traité de Rome II de 2004 sortira aussi du traité de Rome I de 1957". En effet, selon lui , l'idée de former un "noyau dur" entre quelques pays si la ratification n'est pas unanime n'est pas réalisable, car, on peut envisager des opt-outs de l'une ou de l'autre politique, mais"pas des institutions".Or, la Constitution"modifie justement l'aménagement institutionnel de l'Europe, qui doit être partagé par tous ses membres" car "une copropriété ne peut pas fonctionner si on applique un règlement à certains copropriétaires et un autre à d'autres". M. Monti affirme que l'Union européenne n'est pas "une prison", et que "personne ne devrait être obligé d'y rester": si un pays ne voit pas les avantages de son appartenance à l'UE, « alors, il vaut mieux qu'il parte ». Cependant, reconnaît-il, beaucoup de pays "pourraient voter "non" (à la Constitution) sans vouloir pour autant sortir de l'UE. Et ceci ne doit pas être possible".Voilà pourquoi, pour M. Monti, "il doit être clair, dans chaque pays, que dire non à la ratification du traité ne signifie pas plonger l'Europe dans les marécages du non fonctionnement, mais à un choix libre et cohérent avec la dynamique européenne: celle de sortir de l'Union pour ne pas condamner tous les autres à l'impuissance. Cela me semble être un critère de fair play¸de l'honnêteté politique qui est le minimum qu'on peut attendre entre partenaires communautaires".