Bruxelles, 22/10/2004 (Agence Europe) - A première vue, le nouveau programme de l'UE en matière de Justice et Affaires étrangère à l'horizon 2008 "n'est certainement pas le grand bond en avant qu'on aurait eu le droit d'attendre d'après les défis auxquels l'Union européenne doit faire face", affirme vendredi dans un communiqué M. Kiefer, président de la Confédération européenne de la police (EuroCOP). Les objectifs affichés sont ambitieux, mais les propositions concrète sont reportées, déplore-t-il, en constatant en particulier que le programme se limite à souhaiter de réaliser "le grand potentiel d'Europol et d'Eurojust", mais sans préciser comment (voir EUROPE d'hier, p.11). Le programme, tout en reconnaissant la nécessité d'une meilleure et plus rapide mise en oeuvre des décisions par les Etats membres, ne fait aucune suggestion sur la manière d'y parvenir, commente M. Kiefer (et le communiqué évoque là "la triste histoire de la ratification du mandat d'arrêt européen").
M. Kiefer s'en prend aussi au manque de consultation des syndicats et organisations professionnelles concernées. "On nous présente simplement les résultats, et les ministre de la Justice et de l'Intérieur négligent délibérément la contribution potentielle" que pourraient apporter les personnes les plus concernées, s'insurge-t-il. Selon lui, les structures créées au niveau européen sont souvent trop compliquées et manquent de transparence, ce qui a pour résultat que ces personnes, lorsqu'elles conduisent des enquêtes transfrontalières, préfèrent utiliser des réseaux informels de communication.
Enfin, M. Kiefer estime que les Etats membres de l'UE feraient un pas important vers une lutte plus efficace contre la criminalité organisée s'ils arrivaient enfin à se mettre d'accord sur le nouveau directeur d'Europol. Les ministres discutent de "grands projets pour l'avenir" alors que "l'institution la plus importante pour la coopération entre polices dans l'UE est sans directeur depuis presque désormais quatre mois", se plaint-il.