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Bulletin Quotidien Europe N° 8813
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/commission barroso

Les groupes se détermineront la semaine prochaine à Strasbourg - Selon MM. Borrell et Hänsch, un rejet du Collège n'entraînerait pas une crise institutionnelle - Un avis juridique est attendu sur une telle hypothèse

Bruxelles, 22/10/2004 (Agence Europe) - Après la rencontre entre le Président désigné de la Commission européenne José Manuel Barroso et la Conférence des présidents des groupes politiques du Parlement européen, plusieurs groupes politiques détermineront leur position définitive la semaine prochaine à Strasbourg (EUROPE d'hier, pages 4 à 7). C'est ce qu'ont confirmé vendredi, pendant le briefing pré-session, le porte-parole du groupe socialiste (qui a précisé que le groupe se prononcera lundi, mais que si rien ne se passe d'ici là du côté de M. Barroso, un vote “en bloc” des socialistes contre la Commission est “probable”), et celui du groupe ALDE (qui a dit: espérons qu'il y ait de nouveaux éléments d'ici lundi prochain). En répondant à la presse, le porte-parole du groupe ALDE a noté que, si M. Barroso apportera de nouveaux ajustements à son équipe, il y aura de nouvelles auditions des Commissaires désignés. La porte-parole des Verts/ALE a confirmé que le groupe votera à “très très grande majorité” contre la Commission Barroso, alors que celui du PPE-DE a réitéré l'appui de son groupe, en rappelant que M. Barroso avait été soutenu par une très forte majorité en juillet (selon lui, la situation actuelle ne justifierait pas de changements significatifs dans cette majorité).

Interrogé à la même occasion sur la situation qui prévaudrait si le Collège dans son ensemble est rejeté mercredi prochain à Strasbourg, José Manuel Liberato, Directeur des Médias au Parlement européen, a constaté: José Manuel Barroso a obtenu un vote positif du Parlement en juillet dernier en tant que nouveau Président de la Commission (et reste donc chargé de former la Commission européenne: NDLR). Cependant, pour que la situation soit tout à fait claire, le Service juridique du Parlement européen est un train de préparer un avis, qui sera disponible dans les meilleurs délais, a dit M. Liberato, qui a admis que le problème est aussi « politique ». (A propos du déroulement du processus d'investiture, voir p.12). En répondant à la presse, son collaborateur Jaume Duch a précisé: le vote sur la Commission a lieu à la majorité simple (des voix exprimées, les abstentions n'étant pas décomptées), et c'est un vote “nominal, donc il ne peut pas être secret”. Toujours en répondant à des questions, M. Duch a indiqué: si le vote est négatif, la Commission actuelle reste en place encore pendant un moment.

Dans une interview à La Repubblica de vendredi, le Président Borrell, interpellé sur un possible rejet de la Commission Barroso, demande: “Pourquoi parler de crise? Si on n'arrive pas à donner la confiance le 27, cela veut dire que Prodi restera en fonction quelques semaines de plus (…). Ce n'est pas une guerre (…) et même pas un bras de fer. C'est la démocratie”. Josep Borrell annonce aussi que, mercredi prochain, il votera (alors que dans les situations les plus délicates, le président, d'habitude, ne participe pas au vote). Le président du Parlement a le droit de vote, “je ne dis pas comment je voterai, même si ma pensée résulte clairement de mon comportement et de mes paroles”, ajoute M. Borrell. Quant à l'ancien président du Parlement Klaus Hänsch, social-démocrate allemand, il a estimé vendredi dans une interview au Deutschlandfunk que si M. Barroso bouge encore un peu, il obtiendra mercredi prochain “une petite majorité” en plénière. Selon lui aussi, un rejet mardi n'entraînerait pas une crise.

Mario Mauro, vice-président du Parlement européen, sévit contre Martin Schulz, qui a rejeté les accusations selon lesquelles les critiques socialistes à l'égard de Rocco Buttiglione sont en réalité une attaque contre Silvio Berlusconi. Martin Schulz, qui "n'était personne, est devenu quelqu'un" grâce au "toucher magique du Roi Midas Berlusconi qui lui a donné une épaisseur politique qu'il n'avait pas jusque là", lance dans un communiqué l'élu de Forza Italia (sans rappeler que le Premier ministre italien l'avait fait en comparant le parlementaire allemand à un Kapo dans les camps nazis).

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