Bruxelles, 18/10/2004 (Agence Europe) - A l'occasion d'une réunion du G8, le week-end dernier à Washington, les Etats-Unis ont indiqué que la Troïka européenne formée par l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni allaient tenter, cette semaine, une nouvelle médiation visant à amener l'Iran à suspendre son programme d'enrichissement d'uranium. Objectif: éviter que le dossier ne passe de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) de Vienne au Conseil de sécurité des Nations unies, comme le souhaite Washington. La réaction de Téhéran ne s'est pas fait attendre: l'Iran n'acceptera les propositions européennes que si elles respectent ses intérêts nationaux.
L'Allemagne, la France et le Royaume-Uni "ont indiqué qu'ils allaient présenter leurs idées à l'Iran la semaine prochaine", a déclaré vendredi Tom Casey, un porte-parole du département d'Etat, sans donner davantage de précision sur la teneur de ces propositions. Selon des sources diplomatiques citées par l'AFP, ces propositions viseraient en particulier à présenter à Téhéran des "incitations" à geler toute activité d'enrichissement d'uranium, processus qui peut déboucher sur des utilisations tant civiles que militaires. Parmi ces mesures incitatives figurerait une offre de reprise des négociations commerciales avec l'UE et une garantie d'accès à du combustible nucléaire russe à finalité civile. Dans le même registre, l'AIEA aurait par ailleurs évoqué ces derniers jours une offre qui autoriserait l'Iran à importer du combustible nucléaire à finalité civile en échange de l'arrêt total de ses activités d'enrichissement.
A Washington, les Etats-Unis s'en sont tenus à leur ligne habituelle: "depuis longtemps, les Etats-Unis ont fait savoir clairement que le Conseil des gouverneurs de l'AIEA devait saisir le Conseil de sécurité du non respect confirmé de l'Iran de ses obligations", a déclaré Tom Casey. Reste que Washington semble s'être résignée à laisser les Européens tenter une dernière médiation, les membres du G8 ayant convenu que le Conseil des gouverneurs de l'AIEA, qui se réunira le 25 novembre à Vienne pour trancher, portant l'affaire devant le Conseil de sécurité si Téhéran rejette les propositions européennes.
Dimanche, à Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a réagi en déclarant: "Nous n'avons pas encore reçu les propositions européennes. Mais elles ne seront acceptables que si elles respectent nos intérêts nationaux et reconnaissent nos droits légitimes à la technologie nucléaire civile, notamment le cycle du combustible nucléaire". "Nos droits ne sont pas négociables, mais nous obtiendrons nos droits par la négociation et le dialogue", a ajouté Hamid Reza Assefi.