Bruxelles, 15/10/2004 (Agence Europe) - Après un très long débat mercredi soir, le comité exécutif de la Confédération européenne des syndicats (CES) a entériné à une très large majorité sa résolution sur la Constitution européenne. Le vote avait été demandé par le Secrétaire général de la CES John Monks "pour qu'il n'y ait aucun doute sur la position de la CES sur la nouvelle Constitution". "Très heureux du résultat du vote", John Monks a expliqué le point de vue syndical devant la presse à Bruxelles: "Nous pensons que cette Constitution est (…) un premier pas en avant. (…) La Convention a proposé d'intégrer la Charte des droits fondamentaux dans la Constitution et a permis de progresser sur certaines questions sociales et sur l'emploi. Nous nous engageons très fortement pour que cette Constitution soit adoptée et nous n'acceptons pas la vision de certains qui veulent la démolir. Cette Constitution est une avancée par rapport au Traité de Nice", a déclaré John Monks, tout en admettant que la nouvelle Constitution est moins ambitieuse que ce que la CES avait proposé, et reste en retrait par rapport aux recommandations de la Convention européenne.
Dans sa résolution, la CES explique que, "dans une perspective plus spécifiquement sociale", la Constitution marque une avancée notamment parce que: - elle reconnaît le rôle des partenaires sociaux et du Sommet social tripartite; - l'économie sociale et le plein emploi figurent parmi les objectifs de l'Union; - la politique sociale y est expressément reconnue comme une compétence partagée; - l'égalité des sexes devient une valeur de l'UE; - une base juridique est prévue pour les services d'intérêt général. La CES fera à présent campagne auprès de ses organisations affiliées (mais pas auprès des Etats membres, a précisé John Monks) pour qu'elles prennent connaissance de cette résolution et la fassent connaître à leur tour.
Ainsi, la plupart des organisations et fédérations syndicales membres de la CES se sont prononcées en faveur de la résolution. Seul le syndicat français FO (Force Ouvrière) a voté contre, pour diverses raisons. FO estime entre autres que les valeurs sociales ne sont pas assez marquées dans le traité constitutionnel, alors qu'il craint que "les politiques libérales soient gravées dans le marbre", a indiqué John Monks tout en exprimant son profond désaccord avec la position de FO. Interrogé sur l'abstention du syndicat britannique TUC (dont il est lui-même issu), John Monks a dit: "vérifiez auprès du TUC s'il s'est réellement abstenu ». En même temps, il a remarqué que l'attitude du TUC est liée au débat en cours au Royaume-Uni au sujet de la Constitution, et au fait que Tony Blair "avait fait des efforts ultimes pour affaiblir la Charte des droits fondamentaux". Après vérification des votes, la porte-parole de la CES Patricia Grillo a indiqué que les "Britanniques ont voté en faveur de la résolution syndicale".