Bruxelles, 23/09/2004 (Agence Europe) - Le Premier ministre turc Erdogan a rencontré jeudi en fin d'après-midi le président du Parlement européen, Josep Borrell, et les présidents des groupes politiques au PE. « La réunion avec M. Erdogan et les réponses qu'il nous a données ont été très utiles pour atténuer les craintes de certains groupes politiques », a expliqué M. Borrell devant la presse. « Les présidents des groupes ne sont pas tous pour l'ouverture des négociations, plusieurs ont exprimé des inquiétudes et des craintes de fond », a reconnu M. Borrell: « des positions différentes continuent à exister au Parlement européen » qui présentera d'ici à la fin de l'année un rapport sur la Turquie. M. Erdogan s'est félicité des résultats de ces entretiens à Bruxelles, et notamment de la déclaration très positive du Commissaire Verheugen (voir plus haut), « Nous remplissons déjà les critères politiques, M. Verheugen l'a dit ce matin. Il n'y a plus rien à régler », a estimé M. Erdogan. Et il a aussi assuré qu'il n'avait jamais eu l'intention d'inclure l'adultère dans le code pénal. « Il n'y a rien sur l'adultère dans le projet de code pénal qui sera débattu ce dimanche lors d'une session extraordinaire du Parlement turc, et il n'y a jamais eu une référence à l'adultère dans aucun texte législatif », a insisté M. Erdogan. D'une manière générale, il s'est dit très confiant qu'après la déclaration positive de M. Verheugen, la recommandation finale de la Commission européenne le 6 octobre le sera aussi. « Nous avons bien fait notre travail, nous avons tous fait nos devoirs. Les critères politiques sont remplis. Il n'y a donc aucune raison de ne pas donner le feu vert à l'ouverture des négociations d'adhésion », a estimé le Premier ministre turc. Le fait que la Turquie soit un pays musulman ne peut pas constituer un obstacle à l'adhésion. « L'Union européenne est une union multiculturelle, ce n'est pas un club chrétien, mais une union de valeur », a dit M. Erdogan. Josep Borrell a appuyé le Premier ministre sur ce point: « l'Union n'est nullement un club chrétien ».