Bruxelles, 03/09/2004 (Agence Europe) - La Présidence néerlandaise a exposé le 2 septembre, devant la commission "culture et éducation" du Parlement européen présidée par le socialiste grec Nikolaos Sifunakis, ses priorités pour les dossiers éducation, culture, audiovisuel, jeunesse et sport.
Education: Maria van der Hoeven, ministre néerlandaise pour l'éducation, la culture et la science, a indiqué la voie qu'elle désirait poursuivre en matière d'éducation et d'enseignement. Rappelant la devise choisie pour cette présidence, "Apprendre les uns des autres", elle insiste sur la coopération entre Etats membres. En matière de reconnaissance des diplômes et des qualifications, elle espère que le Conseil arrivera dans les prochains mois à une position commune sur Europass, en vue d'une entrée en vigueur dès le 1er janvier 2005. Quant aux nouveaux programmes d'enseignement (Leonardo, Socrates) pour lesquels la Commission a formulé des propositions à la mi-juillet, elle a indiqué que la présidence souhaitait arriver à un accord "le plus pointu possible". Mme Van der Hoeven a aussi insisté sur l'aspect "mobilité" de l'enseignement, et surtout sur une mobilité de qualité. Lors du Conseil "Education" des 15 et 16 novembre, la ministre proposera, dans le cadre du processus de Lisbonne et de la cohésion sociale, une réflexion sur la dimension culturelle de l'enseignement visant à renforcer la citoyenneté active. A propos de l'enseignement des langues étrangères, essentiel pour la mobilité des étudiants, Mme Van der Hoeven a annoncé que la présidence organisera une conférence pour traiter en particulier du problème des enseignants. La sociale-démocrate autrichienne Christa Prets a souligné l'importance d'Europass pour la reconnaissance mutuelle des diplômes, et d'un budget suffisant pour les nouveaux programmes. Giovanni Berlinguer (Democratici di sinistra) a mis l'accent sur la nécessité d'investir dans le capital humain. "Ici, tout est subordonné à l'économie, au détriment de l'humain", a-t-il déploré. Et de faire remarquer que la moitié du budget européen va à l'agriculture alors que les dépenses pour le secteur culturel sont dérisoires (1% du budget, a noté la sociale-démocrate allemande Lissy Gröner). Mme Gröner a réitéré sa proposition sur une "Année européenne contre la violence en 2006" car "là où la violence commence, la culture s'arrête". Miguel Portas (Gauche unitaire, espagnol) a mis en exergue les problèmes des discriminations qui s'ajoutent aux problèmes de méconnaissance linguistique entre citoyens européens mais aussi entre Européens et minorités non-européennes. La socialiste néerlandaise Emine Bozkurt a, pour sa part, insisté sur la lutte contre le chômage des jeunes. "On veut y pallier, via des programmes de formation à vie. Il y a des initiatives dont je vais discuter", a répondu Mme Van der Hoeven
Audiovisuel - Culture: la Secrétaire d'Etat néerlandaise pour l'Education, la culture et la science Medy van der Laan a indiqué que la présidence allait, dans ce domaine, faire du concret, notamment pour les programmes "Media +" et "Culture 2007". Mme Van der Laan préconise une approche "du bas vers le haut", en faisant participer activement les citoyens. Voulant éviter un programme trop ambitieux qui ne tienne pas ses promesses, elle a annoncé qu'elle allait focaliser les travaux sur les points suivants: 1) Développer le lien entre l'économie et la culture. "L'UE n'exploite pas assez le potentiel économique de la créativité et de la culture »; 2) Améliorer l'accès au numérique: "il faut impliquer de plus en plus les citoyens dans la culture, par le numérique"; 3) Améliorer la mobilité et en particulier la mobilité des artistes (notamment en s'attachant à la question de la double imposition des artistes); 4) Renforcer le processus d'échanges culturels. La ministre a cité aussi la protection des mineurs face à Internet, et le choix des capitales européennes de la culture (il faudra mettre en place un nouveau mécanisme de sélection). Manolis Mavrommatis (Nea Demokratia) a insisté sur la protection de la propriété intellectuelle face aux nouvelles technologies et, à propos de la Directive "Télévision sans frontières", il a remarqué que de nombreux Etats membres ne respectent pas l'obligation de diffuser un certain quota d'oeuvres européennes. Mme Van der Laan a annoncé la mise en place de plusieurs groupes de travail pour analyser les différents volets de la directive. Christa Prets a évoqué le danger de la concentration des médias dans certains Etats membres, comme notamment Reino Paasilinna (PSE finlandais) et Rolandas Pavilionis (Europe des Nations, lituanien). "On s'en occupe de près", a assuré Mme Van der Laan, indiquant que les conclusions d'un récent congrès aux Pays-Bas sur ce point aideront à poursuivre les travaux, au-delà de la Présidence néerlandaise (mais en ajoutant qu'il s'agit surtout d'un problème national). Le socialiste hongrois Gyula Hegyi espère, lui, une plus grande circulation des oeuvres cinématographiques entre Etats membres.
Sport - Jeunesse: Se félicitant des excellentes performances réalisées par les athlètes européens lors des derniers JO d'Athènes, le président de la commission Nikolaos Sifunakis a évoqué le problème du dopage et annoncé que le PE allait organiser en 2005 une audition publique à ce sujet. Son compatriote Mavrommatis a estimé que le commerce de ces produits génère 2 milliards d'euros dans l'UE. La Secrétaire d'Etat pour la politique de la Jeunesse et le sport Mme Ross-Van Dorp a cité les trois priorités de la Présidence néerlandaise: 1) le sport, moyen de vivre sainement (lutte contre l'obésité); 2) le sport, moyen d'intégration des groupes (notamment les jeunes défavorisés, les jeunes en difficulté); 3) le sport, moyen de développement des valeurs sociales (respect mutuel, valeurs du fair-play). Mme Ross-Van Dorp a souligné que les efforts ne devront pas s'arrêter à la fin de 2004, "année européenne de l'éducation par le sport". Quant à la politique de la jeunesse, elle a estimé qu'il fallait impliquer les jeunes dans le processus de décision, et, espéré, l'adoption d'une résolution sur le Livre Blanc sur la jeunesse les 15 et 16 novembre (notamment en vue du nouveau programme Jeunesse qui entrera en oeuvre après 2006). Lors du débat, Mme Bozkurt a demandé de faire participer les jeunes défavorisés aux actions en faveur des jeunes, Mme Gröner a mis l'accent sur la méconnaissance des jeunes des programmes créés à leur intention.