Bruxelles, 14/06/2004 (Agence Europe) - Le Center for European Policy Studies (CEPS) accueillait jeudi dernier la présentation d'un rapport de la Banque mondiale sur les perspectives économiques au Kosovo. Après avoir été soutenue par l'aide internationale durant la période postérieure au conflit, jusqu'à atteindre un taux de 21,2% en 2000, la croissance s'est progressivement effritée pour ne plus afficher qu'un taux de 4,7% en 2003. Si certains progrès ont été réalisés, permettant notamment de mettre en place un régime commercial libéral et un marché du travail flexible, et d'atteindre un taux d'inflation proche de zéro en 2003, les auteurs du rapport recensent aussi plusieurs difficultés persistantes et font des recommandations. Ces recommandations s'adressent aussi bien à la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), et aux institutions provisoires de l'administration autonome albanaises qu'à l'ensemble de la communauté internationale, a souligné Robert Jauncey, responsable du Kosovo à la Banque mondiale.
D'après le rapport, deux facteurs interdépendants seront déterminants pour la croissance: un secteur privé plus fort et des conditions de paix et de stabilité pour tous. En particulier, le rapport note que le chômage se maintient à un niveau entre 23 et 33 % de la population active (le taux officiel du chômage est de 50%). La lutte contre la corruption et une mise en œuvre plus uniforme et consistante du cadre juridique dans toute la province devraient contribuer à créer un environnement plus favorable aux entreprises et attirer les investissements directs étrangers (IDE). Les estimations de flux d'IDE depuis 1999 ne s'élèvent en effet qu'à 30 millions d'euros. Selon les auteurs du rapport, le secteur énergétique constitue le principal obstacle aux opérations des entreprises. Il dépend trop des ressources publiques et s'avère très largement inefficace, alors qu'il pourrait permettre au Kosovo, en cas de réhabilitation des infrastructures, de devenir exportateur vers le reste des Balkans. Le secteur minier, où des opportunités de privatisations existent, est aussi en attente d'investissements directs étrangers considérables. Face à ces difficultés, et dans une année d'élection, Satu Kristiina Kahkonen, un des auteurs de ce mémorandum, a prévenu que "les autorités devront soigneusement sélectionner les dépenses afin d'obtenir le meilleur rendement". Orsalia Kalantzopoulos, coordinateur de la Banque mondiale pour l'Europe du sud-est, a conclu qu'avec une bonne politique économique et sa position centrale en Europe, le Kosovo pourrait être une entité viable.