Bruxelles, 11/06/2004 (Agence Europe) - L'ancien Premier ministre français, Edith Cresson, soupçonnée de malversations diverses lors de son mandat de Commissaire entre 1995 et 1999, sera entendue le 30 juin par l'ensemble des membres de la Commission européenne, pour évaluer la suite à donner à la procédure administrative engagée contre elle. Quelques semaines après, la Commission décidera si les preuves sont suffisantes pour déposer une plainte devant la Cour de justice pour obtenir l'annulation d'une partie ou de l'intégralité de la pension de retraite de Mme Cresson. Cette dernière a déjà tenté de prouver son innocence par écrit. Comme la Commission n'a pas accepté ses arguments, elle a demandé de se défendre oralement.
Parallèlement à l'enquête administrative de la Commission, la justice belge, qui a inculpé Mme Cresson en mars 2003 notamment pour « faux en écriture, usage de faux et prise illégale d'intérêt », envisagerait un non-lieu, faute d'éléments à charge. Mais il ne s'agit encore que de rumeurs, et l'enquête se poursuit.
La Commission estime que Mme Cresson a enfreint les règles de son mandat. Mme Cresson est soupçonnée d'avoir fait bénéficier son ancien dentiste, René Berthelot, décédé depuis, d'un emploi de complaisance à la Commission en 1996 et 1997, et d'avoir favorisé une firme française dans le cadre du programme européen de formation Leonardo, placé sous sa responsabilité. L'affaire avait déstabilisé la Commission dirigée par Jacques Santer qui avait été finalement contrainte à la démission collective en mars 1999.