Bruxelles, 07/06/2004 (Agence Europe) - Les ministres de la Justice et de l'Intérieur de l'UE auront bien du mal ce mardi à surmonter leurs divergences sur la nomination du nouveau directeur d'Europol. Alors que le mandat de l'actuel - et premier - président de l'Office européen de police, Jürgen Storbeck, s'achève le 30 juin, la Présidence, comme les Etats membres, soulignent à quel point la situation est "bloquée". "Il n'y a toujours pas de convergence de vues", a déclaré la Présidence irlandaise lundi à quelques journalistes. La Présidence a insisté "en des termes très fermes", auprès des Etats membres, sur "l'urgence d'arriver à une décision".
Le Conseil européen déplore régulièrement qu'Europol ne soit pas suffisamment utilisé, mais les Vingt-cinq n'arrivent pas à ce jour au consensus requis pour nommer son directeur. L'Allemagne veut que le Conseil reconduise M.Storbeck à la tête de l'Office, la France tient à le remplacer par Jacques Franquet, directeur du Service de coopération internationale et technique de police (SCITP), et l'Italie n'a pas retiré la candidature d'Emanuele Marotta, ancien vice-directeur d'Europol.
Au dernier Conseil, fin avril, le candidat français bénéficiait de davantage de soutien - mais cette avance, qui serait toujours de mise, ne suffit pas, l'unanimité étant requise. Les opposants à la candidature française soulignent que M. Franquet sera rapidement frappé par la limite d'âge et qu'il ne parle que français. L'ancien ministre français de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a déclaré à ce propos qu'il fallait savoir ce que l'on veut, "un policier ou un interprète". L'Italie s'était opposée au Conseil d'avril à ce que les ministres procèdent à un vote. La France veut espérer qu'un accord n'est pas impossible mardi, et voudrait, cette fois-ci, que les bulletins de vote soient utilisés. Sinon, la France demanderait que toute la procédure de nomination soit reprise "à zéro", ce qui pourrait prendre six mois, indique un diplomate. Si les Etats membres n'arrivaient pas à un accord d'ici à la fin du mois, le premier vice-directeur d'Europol, Mariano Simancas, assurera l'intérim.
Un des rapports que le coordinateur antiterrorisme Gijs de Vries présentera au Conseil mardi confirme que les Etats membres n'ont pas tous la même conception du rôle qu'Europol doit jouer. Certains, comme l'Allemagne, veulent lui donner un rôle plus important, d'autres le considèrent comme un simple canal d'échange d'informations qui fonctionnerait plus par contact entre agents de liaison des Etats membres postés à Europol que par Europol lui-même (EUROPE du 5 juin, p.10).