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Bulletin Quotidien Europe N° 8703
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/politique de cohesion

Ouverture du Forum sur la cohésion - M. Barnier souligne l'inquiétude industrielle face au dumping fiscal et social - Appui général au 3ème Rapport sur la cohésion économique et sociale

Bruxelles, 10/05/2004 (Agence Europe) - « Notre pari, c'est de construire tous ensemble la cohésion d'une Europe unie, compétitive et solidaire ». C'est en ces termes que Jacques Barrot, le nouveau Commissaire chargé de la politique régionale, a ouvert lundi à Bruxelles les travaux du 3ème Forum européen sur la cohésion, dont les débats se poursuivent encore ce mardi dans les 19 langues officielles de l'UE (voir EUROPE du 8 mai p.14). Ce Forum a été voulu pour construire cette politique de la cohésion et la traduire dans des règlements riches et concrets, a rappelé M.Barrot en lançant un appel aux quelque 1200 participants pour qu'ils soient "les acteurs de la cohésion" et en souhaitant qu'un vrai partenariat émerge des débats de ce Forum.

L'ancien Commissaire à la politique régionale et actuel ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier s'est dit convaincu que l'UE a besoin de plus d'emplois, plus de croissance, plus de cohésion et que pour préserver cette cohésion, il faut la réformer et l'adapter. Mais se pose à présent la question du budget. "Nous ne pouvons ni ignorer, ni mépriser la dimension budgétaire de l'enjeu de la cohésion", a déclaré M. Barnier. « Il y aura dans la prochaine période 2007-2013 des équilibres à trouver, des cohérences à respecter et des arbitrages à faire ». Le ministre français a aussi attiré l'attention sur le fait qu'il existe dans beaucoup de régions de l'ouest, du nord et du sud de l'Europe une inquiétude réelle de l'industrie face à un éventuel dumping

social et fiscal. « Cette inquiétude peut être exagérée mais elle existe. Mon conseil est de la prendre en compte sans l'attiser ni la minimiser. Il reste des pauvretés à combattre, des industries à conserver en Europe », a-t-il précisé. « Il nous faut regarder le soutien à l'investissement des entreprises dans sa totalité en évaluant, à côté de l'aide qui sera apportée par les fonds structurels, les autres incitations proposées au titre des aides d'Etat », a poursuivi Michel Barnier en concluant: "Nous devons veiller à ce que le seuil ne soit pas trop élevé, à ce que le déséquilibre ne soit pas trop grand entre ce qu'une entreprise peut recevoir à l'ouest et ce qu'elle peut recevoir à l'est et au sud. C'est une question d'équité majeure".

"Ce Forum est un événement clé dans le contexte de la réforme de la politique de cohésion en ce sens qu'il contribue à la bonne gouvernance et au partenariat dans l'UE élargie", a indiqué le Président de la Commission européenne Romano Prodi en insistant sur la nécessité de "renforcer notre environnement, notre développement durable" et en rappelant que "la solidarité et une économie compétitive sont l'essence même du modèle social européen". M.Prodi a souligné que "le principe de la bonne gouvernance, faisant participer les régions, est au coeur de la nouvelle politique des prochaines années. La proposition de la Commission sur la cohésion est courageuse, bien équilibrée et réaliste et nous devons nous y tenir sinon la politique de cohésion disparaîtra", a-t-il conclu. Pour la Présidence irlandaise de l'Union, Tom Parlon, ministre d'Etat aux finances, a présenté toutes les actions de la Présidence irlandaise pour la politique de cohésion et l'interactivité entre responsables locaux et régionaux. Le président du Comité des Régions (CdR) Peter Straub a rappelé que l'objectif du CdR, c'est que "la politique régionale se fonde sur les principes du partenariat en tenant compte de la subsidiarité", et il a mis en exergue l'importance, dans ce contexte, du développement urbain. Le président du Comité économique et social européen (CESE) Roger Briesch a insisté sur la nécessité "d'arriver à une simplification des procédures de mise en oeuvre des politiques de cohésion" et s'est refusé à croire que l'avenir de la politique de cohésion réponde uniquement à des moyens budgétaires. Le président de la BEI Philippe Maystadt a indiqué que la BEI continuera à appuyer le 3ème rapport de la Commission sur la cohésion dont les idées correspondent aux priorités des 25 gouverneurs de la BEI, à savoir donner la priorité à l'économie de la connaissance, l'innovation, la protection environnementale et l'investissement dans le capital humain.

Pour Jacques Barrot et Peter Balazs, le 3ème Forum sur la cohésion permet un vrai dialogue avec
les régions, les Etats membres et les acteurs économiques et sociaux

A la veille du Forum, les Commissaires responsables de la politique régionale, Jacques Barrot et Peter Balazs, ont souligné, devant la presse, leur volonté commune de poursuivre le travail de Michel Barnier, auteur du 3ème rapport sur la cohésion économique et sociale, et d'en respecter le calendrier afin que "ce nouveau programme puisse vraiment débuter en 2007". Dans ce contexte, a indiqué Jacques Barrot (qui s'est dit « très proche de Michel Barnier, tant sur le plan politique que sur celui de l'amitié »), ce 3ème Forum va permettre à la Commission "d'établir un réel dialogue avec les représentants des régions, les ministres des Etats membres ainsi que les acteurs économiques et sociaux". Pour le nouveau Commissaire, « ce dialogue est une chance qui préfigure la nouvelle approche de la politique régionale 2007-2013, une politique qui sera beaucoup plus marquée par le partenariat ». « Ce que nous voulons faire, c'est écouter les régions, les Etats membres et tous les participants à la mise en oeuvre de cette politique », a souligné M. Balazs.

Répondant à une question sur sa position concernant la limite budgétaire de 1% proposée par six Etats membres dont la France, Jacques Barrot a déclaré: "il s'agit du début d'un dialogue qui doit s'établir entre la Commission et les Etats membres qui ont mis en garde contre l'augmentation des dépenses liées à la convergence. La France peut maintenir cette ambition mais nous devons la justifier par une action européenne plus ciblée, orientée vers la compétitivité c'est-à-dire vers des investissements qui sont des accélérateurs de croissance". Jacques Barrot a estimé que "les politiques régionales peuvent être mieux orientées vers l'investissement productif, les conditions du développement durable et les investissements pluriannuels et qui ne viennent pas nourrir sans cesse des investissements plus coûteux". Et de conclure: "Il faut faire savoir que les dépenses de compétitivité seront très ciblées sur les facteurs de croissance et que la Commission sera très stricte sur l'évaluation, le contrôle, l'efficacité et la mise en oeuvre de ces aides". Interrogé sur la crédibilité de la politique régionale qui dépend évidemment du niveau des dépenses, Jacques Barrot a demandé de "ne pas se laisser enfermer dans un débat de chiffres. Si on justifie bien les objectifs et si on explique bien la valeur ajoutée de l'UE, on dépassera le débat sur les chiffres", a-t-il commenté. Nous défendons la proposition de la Commission "qui est raisonnable et bien équilibrée", a poursuivi quant à lui Peter Balazs. "Nous avons des plans ambitieux comme le programme de Lisbonne ou encore le financement de l'élargissement. Cela veut dire qu'il faut prouver par exemple qu'une autoroute Varsovie -Budapest sert les intérêts des opérateurs néerlandais ou encore que la frontière extérieure entre la Pologne et l'Ukraine influence le niveau de vie en Allemagne parce que cela entraîne moins d'immigration etc"., a expliqué le nouveau Commissaire.

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