Bruxelles, 07/05/2004 (Agence Europe) - Les sociétés Visa et MasterCard Europe ont avisé la Commission européenne des changements qu'elles ont l'intention d'apporter à leur système de paiement par carte afin d'y introduire davantage de transparence, comme le souhaite la Commission. Depuis 2000, l'Exécutif européen se penche en effet sur les règles appliquées par les sociétés Visa et MasterCard en ce qui concerne les "commissions multilatérales d'interchange" (CMI) applicables aux paiements transfrontaliers par carte Visa ou MasterCard. Les CMI sont payées par la banque du commerçant à la banque du titulaire de la carte pour chaque transaction que celui-ci effectue avec sa carte de crédit. Les banques des commerçants répercutent ensuite la CMI sur ces derniers, qui la répercutent à leur tour sur les consommateurs, dans le cadre de leur structure de coûts globale. En conséquence, les consommateurs paient donc un prix plus élévé que la valeur réelle du produit/service qu'ils achètent. Le 24 juillet 2003, la Commission a accordé à Visa une exemption jusqu'en 2007 pour son système, après l'introduction par ce dernier d'importantes modifications visant à réduire les CMI et à les plafonner. Malgré tout, dans le cadre du processus de monitoring qu'elle continue d'exercer, la Commission a reçu des plaintes de commerçants lui signifiant que les banques rechignaient toujours à leur fournir des informations complètes sur les CMI, bien que Visa ait autorisé leur diffusion. Aujourd'hui, la Commission annonce que Visa et Mastercard l'ont informée, récemment et séparément, de leur intention de publier leurs CMI sur leur site web, dans l'objectif d'accroître la transparence vis-à-vis des commerçants, dans leurs négociations avec les banques concernant les frais qui leur sont imputés. La Commission se félicite de cette initiative qui permettra aux détaillants de négocier plus fermement les frais avec les banques. Elle continuera cependant à surveiller étroitement les engagements pris par les parties, dans la mesure où la technologie des cartes de paiement se développe très rapidement. "C'est un progrès important", a souligné la porte-parole du Commissaire Monti, Amelia Torres, qui espère que "cette transparence amènera la réduction des coûts des commissions et donc du prix des services. On veut que les commissions reflètent les coûts réels" des produits, a-t-elle ajouté. Actuellement, les CMI s'échelonnent, "entre 2% et 5%", des pourcentages trop élevés a-t-elle précisé.