Bruxelles, 29/04/2004 (Agence Europe) - Dans sa conférence de presse de jeudi consacrée à l'Europe, Jacques Chirac a affirmé, à propos de la possible convocation d'un référendum en France sur la Constitution européenne: "Il y a deux procédures en France pour ratifier un traité, la procédure parlementaire et la procédure du référendum (...), l'une et l'autre ont d'ailleurs été utilisées dans le passé pour la ratification des traités européens (...). Il est pour moi prématuré de trancher en faveur de l'une et de l'autre option (...). D'abord, il faut (...) conclure les négociations". Selon lui, un accord sur le projet de Constitution pour le Sommet des 17 et 18 juin est "aujourd'hui nécessaire et possible".
Selon un sondage des derniers jours, 74% des Français voudraient un référendum sur la Constitution, et 57% disent qu'ils voteraient "oui". Dans une interview, jeudi, l'ancien Président de la Commission européenne Jacques Delors s'est demandé à ce propos: "n'est-ce pas la roulette russe? (...) ? La ratification d'un traité par un parlement n'est pas qualitativement inférieure à la ratification par référendum. Mais si un pro-européen dit qu'il préfère la première formule, on l'accuse d'avoir peur de l'opinion".
Dans une interview à la télévision française LCI, Romano Prodi a avoué quant à lui son inquiétude pour le référendum britannique sur la Constitution. Je suis pessimiste, parce que les résultats des sondages à ce sujet sont négatifs, a-t-il reconnu.
Le Luxembourg ratifiera la Constitution par voie de référendum, a confirmé pour sa part Jean-Claude Juncker dans une interview au magazine allemand Capital. Tout en admettant que cela comporte des risques, le Premier ministre luxembourgeois pense qu'un référendum est essentiel, car à la longue, la Constitution européenne ne pourra pas exister sans l'approbation des citoyens.
En visite à Berlin, José Luis Rodriguez Zapatero a estimé mercredi devant la presse qu'un accord sur "une formule pour le système de vote (au Conseil) est proche, de manière tangible". En outre, il a assuré que l'Espagne veut être"au coeur de l'Europe" (termes chers à Tony Blair) et travailler étroitement avec "les moteurs de l'Europe". Le chancelier Schröder a indiqué pour sa part que des rencontres trilatérales Berlin-Paris-Madrid (comme celles avec Londres) seront possibles, si les circonstances s'y prêtent.