Bruxelles, 23/03/2004 (Agence Europe) - Le président Prodi a lancé mardi un appel pressant au Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, pour qu'il agisse et fasse jouer son "autorité" pour mettre fin aux violences ethniques au Kosovo. "Il faut arrêter le conflit et trouver une solution politique et pacifique. Ne laissons pas la violence prendre le dessus sur l'Etat de droit", a dit M.Prodi devant la presse, à l'issue d'un entretien avec M.Kostunica. M.Prodi a aussi réitéré l'engagement de la Commission à soutenir l'intégration européenne de la Serbie/Monténégro. "Notre stratégie décidée à Thessalonique (en juin 2003)", c'est ça "mais maintenant nous devons tout faire pour qu'elle soit mise en oeuvre", a insisté M. Prodi. La coopération avec le Tribunal pénal international est "absolument nécessaire" et une "condition préalable pour tout rapprochement à l'UE", a-t-il répété. M.Kostunica a rappelé la "très forte orientation pro-européenne" de son pays: "l'Europe est notre chemin à suivre et notre identité". Et il a aussi noté qu'après l'élargissement, l'UE aura une frontière commune avec son pays (avec la Hongrie et, après 2007, avec Roumanie et Bulgarie: NdlR). "La stabilité dans notre pays est donc d'une importance capitale pour l'Union", a-t-il remarqué. Le gouvernement de Belgrade est prêt à coopérer entièrement avec le Tribunal pénal international, mais M. Kostunica a laissé entendre que des interrogations subsistent encore sur la "forme" exacte de cette coopération (il a fait référence à la manière dont la Croatie coopère avec La Haye), en notant qu'il faut éviter que la collaboration avec le tribunal "déstabilise" en Serbie/Monténégro.