Bruxelles, 11/03/2004 (Agence Europe) - Les discussions sur la réforme de l'organisation commune du marché du sucre, qui ont eu lieu lundi au niveau des experts agricoles des Etats membres, ont permis d'identifier un autre problème qui complique encore plus la négociation sur ce dossier. La Commission européenne a indiqué qu'elle tiendrait compte, dans ses propositions législatives attendues en juillet, de l'évolution du marché de l'isoglucose qui pourrait faire de l'ombre aux produits concurrents traditionnels que sont le sucre blanc de betterave et le sucre de canne raffiné importé.
Parmi les trois scénarios de réforme présentés en septembre 2003 par la Commission, le moins critiqué actuellement par les Etats membres est celui d'une réduction d'environ 40% du prix du sucre blanc (soit de 725 euros par tonne à 450 euros/tonne). A la lumière d'études récentes, la Commission admet que si le prix du sucre était fixé à 450 euros la tonne, l'isoglucose (qui est un produit de substitution au sucre de betterave utilisé uniquement dans les boissons) gagnerait des parts de marchés importantes et ferait diminuer le marché du sucre d'un tiers. La Commission précise qu'il faudrait baisser le prix du sucre à 370 euros la tonne pour décourager des investissements pour la production d'isoglucose. Selon les nouvelles données, la production potentielle d'isoglucose dans l'UE élargie est estimée entre 5 à 6 millions de tonnes, soit 30 à 40% du marché des produits du sucre. A l'époque de la présentation des options de réforme, la Commission avait tenu compte uniquement de la production actuelle à 25, à savoir 500.000 tonnes. A noter qu'aux Etats-Unis, l'isoglucose a raflé 50% du marché total des produits sucrants et domine en particulier le secteur des boissons sucrées et des produits laitiers.
A l'exception du Danemark et de la Suède qui militent en faveur d'une libéralisation totale du régime, la plupart des Etats membres ont évité jusqu'à maintenant de prendre une position bien tranchée sur l'avenir d'un secteur entouré de nombreuses incertitudes. La Commission reconnaît de son côté que le calendrier de présentation de sa proposition de réforme dépend de nombreux facteurs: - les conclusions du panel de l'OMC demandé par le Brésil, l'Australie et la Thaïlande au sujet du régime communautaire ; - l'évolution des négociations des accords « Mercosur » (le Brésil est le plus grand exportateur de la planète) et Cotonou, avec les Etats ACP ; - les demandes des pays les moins avancés ; - les négociations multilatérales dans le cadre de l'Agenda de Doha (réduction tarifaire de 36% pour le sucre, en cas d'accord sur l'offre de la Communauté, ou une baisse tarifaire de 15% si ce produit est reconnu comme un produit sensible).