Bruxelles, 04/03/2004 (Agence Europe) - Lundi prochain à Strasbourg, le Parlement européen débattra de plusieurs rapports consacrés aux femmes, à l'occasion du 8 mars, journée internationale de la femme (voir EUROPE du 2 mars p.15). A quelques semaines des élections européennes et de l'élargissement de l'UE, "nous allons mettre en évidence l'appel pressant des femmes à participer aux processus décisionnels, tant politique qu'économique, et rafraîchir la mémoire des Etats membres quant aux engagements qu'ils ont pris, aux niveaux international, européen et national, en faveur de l'égalité des genres, laquelle s'est déjà fortement améliorée", souligne dans une lettre à ses collègues la présidente de la commission des droits de la femme et de l'égalité des chances Anna Karamanou (PSE, grecque). La commission parlementaire a demandé aux partis politiques de placer sur leur liste pour les élections européennes de juin prochain au moins 30% de candidats femmes, l'objectif final étant d'avoir le même nombre de femmes que d'hommes sur ces listes.
En présentant la journée du 8 mars au cours d'un déjeuner de presse à Bruxelles, la sociale-démocrate allemande Lissy Gröner a commenté son rapport sur la position commune du Conseil concernant le programme Daphné II 2004-2008 pour prévenir et combattre la violence envers les enfants, les adolescents et les femmes ainsi qu'envers les victimes et les groupes à risques. "Il y a un lien avec l'affaire Dutroux en Belgique. Il y a 8 ans, le public et les politiciens ont été choqués par de telles violences et tortures sur des enfants. Ceci nous a encouragés à développer le programme Daphné I, mis en place par la Commissaire aux Affaires intérieures de l'époque, Anita Gradin. Maintenant, Daphné II a un budget qui est le double de celui de Daphné I, grâce entre autres à un excellent travail de networking", a expliqué Mme Gröner.
Active dans la lutte contre l'exploitation des femmes et des enfants en Asie et surtout au Cambodge dont elle est originaire, Somaly Man a témoigné de la misère de son pays, sans gouvernement depuis un an, ce qui laisse libre cours à une hausse très forte du trafic d'êtres humains. Fondatrice de l'Afesip (association qui aide les femmes en situation précaire) et elle-même vendue par ses parents à un proxénète, Somaly Man a souligné la souffrance des très jeunes filles victimes de violences et d'abus. Le tourisme sexuel est énorme au Cambodge, a-t-elle indiqué.
Mme Gröner a aussi annoncé que le Président du PE Pat Cox fera part le 8 mars de son projet de créer, au sein du Parlement européen, un Groupe "Gender Mainstreaming", composé de membres des commissions budgets, affaires sociales, droits des femmes et santé publique/consommateurs.
Autre rapport qui sera discuté lundi à Strasbourg: celui de Regina Bastos (PPE-DE, portugaise) sur la conciliation entre vie professionnelle, vie familiale et privée. Présentant ce rapport à la place de Mme Bastos Christa Prets (PPE-DE, autrichienne) a déploré l'insuffisance de l'investissement dans l'éducation, la formation, l'entreprise pour concrétiser les objectifs de Lisbonne à l'horizon 2010. "Les femmes doivent savoir ce qu'elles veulent: travailler ou rester à la maison ", a noté Mme Prets. Autre question sensible, la proposition de directive sur l'égalité entre hommes et femmes dans l'accès aux services et aux biens, fortement critiquée par les assurances (EUROPE du 11/11, p.17). Cette directive sera sur la table du PE en avril et la Présidence irlandaise souhaite aboutir sur ce dossier fin juin, a signalé Mme Prets en commentant: "c'est difficile d'avancer au Conseil car le lobbying des assureurs y est très intensif et est appuyé par le service juridique".
La vice-présidente de la commission des droits des la femme et de l'égalité des chances, la socialiste belge Olga Zrihen, a indiqué que le rapport sur l'égalité des sexes dans la coopération au développement sera voté à la plénière d'avril, avec un budget de 9 millions d'euros pour une série de programmes de terrain. Rappelant le rôle des femmes dans les pays en voie de développement, Mme Zrihen a averti: « si on les oublie, on rate la moitié des femmes dans le monde!".
En commentant son rapport sur la situation de femmes issues de groupes minoritaires dans l'UE, la socialiste espagnole Elena Valenciano Martinez-Orozco a notamment souligné l'importance des droits fondamentaux des femmes handicapées, de l'accès à l'éducation, à la formation et à l'emploi, de la constitution de réseaux de femmes handicapées et de groupes d'entraide et de la participation des femmes handicapées à la vie politique et aux processus de prises de décision.