Bruxelles, 03/03/2004 (Agence Europe) - Moins de paroles et plus d'action: une nouvelle fois, le Commissaire au marché intérieur, Frits Bolkestein, appelle les Etats membres à mettre en pratique les objectifs qu'ils se sont fixés à Lisbonne. "Le Conseil des ministres et le Conseil Compétitivité en particulier devraient arrêter de parler de la compétitivité et faire quelque chose", a-t-il remarqué, lors d'une conférence organisée par le Center for European Reform.
Il "n'y a pas d'autre explication" aux retards accumulés que "le manque de volonté politique", a estimé le Commissaire, en fustigeant le blocage du brevet communautaire, le manque de progrès des discussions au Conseil sur la reconnaissance des qualifications professionnelles et l'adoption d'une directive OPA édulcorée. M. Bolkestein a espéré que la directive sur les services ne "subira pas le même sort".
"La locomotive de Lisbonne traîne trop de wagons, qui risquent de ralentir sa marche jusqu'à l'arrêt", a estimé le Commissaire, en appelant les Etats membres à se concentrer sur quelques priorités plutôt que de charger la barque par de nouvelles initiatives. Il les a ainsi invités à saisir l'occasion de la révision du processus de Lisbonne en 2005 pour définir une "liste courte" de ces priorités, qui pourraient être effectivement atteintes en 2007.
Il ne s'agit pas seulement d'adopter les mesures, mais de les mettre en œuvre, a insisté le Commissaire en rappelant, une nouvelle fois, que les procédures d'infraction pour manque de transposition ont doublé depuis 1992. Les 1000 cas en cours ne sont que "la pointe de l'iceberg" face aux centaines de cas qui ne font même pas l'objet de procédure, a-t-il souligné. "Plus de 40% des directives de Lisbonne qui ont été adoptées et devraient maintenant être mises en œuvre attendent toujours une action des Etats membres", a-t-il indiqué.