Bruxelles, 11/11/2003 (Agence Europe) - Avant la présentation, le 18 novembre, des propositions législatives sur la réforme des produits méditerranéens (tabac brut, huile d'olive et coton), la Commission a organisé, lundi et mardi, un séminaire pour écouter les avis des professionnels. Le Commissaire Franz Fischler est conscient des critiques exprimées par les représentants des secteurs et des régions les plus concernées mais expliquera que le principe du découplage et de la restructuration est « la seule manière d'avancer si nous voulons donner aux agriculteurs de meilleures perspectives d'avenir. »
Tabac: selon M. Fischler, la proposition de réforme « offre au secteur du tabac brut un compromis plus que satisfaisant, en permettant aux producteurs d'atteindre un niveau de vie équitable et stable en leur apportant une aide en tant que garants de l'agriculture communautaire plutôt qu'en tant que producteurs de tabac ». La Commission explique que, pour la majorité des exploitations, l'aide actuelle, qui sera intégralement maintenue (100 % du taux en vigueur), sera simplement affectée au paiement unique par exploitation. « Cela signifie que l'emploi familial, qui représente environ 80 % de la main-d'œuvre totale dans le secteur du tabac brut, continuera à bénéficier de l'aide publique, mais d'une manière plus cohérente avec l'orientation générale de la politique communautaire », précise le Commissaire, en concluant: l'aide que nous accordons aux agriculteurs se poursuivra et l'aide aux produits disparaîtra.
Huile d'olive: les producteurs communautaires d'olives « seront bien placés pour tirer parti de la nouvelle orientation que la politique agricole communautaire prend actuellement », affirme M. Fischler, en estimant que la réforme permettra au secteur de l'huile d'olive de bénéficier d'une meilleure prise en compte du marché. Autres avantages: - le renforcement de la position concurrentielle de l'UE en tant que premier producteur mondial d'huile d'olive de qualité ; - la garantie d'un revenu stable pour les producteurs d'olives ; - la durabilité écologique, sociale et économique du secteur.
Coton: selon la Commission, le coton devrait aussi « tirer parti des avantages similaires des propositions de réforme » (intégrer une partie de l'aide actuelle accordée à ce produit dans le régime du paiement unique par exploitation et transformer le reste en une nouvelle aide à la production).
Pour rappel, Commission européenne a présenté le 23 septembre 2003 une communication présentant ses idées pour une réforme de ces secteurs. Pour le tabac, la Commission propose: - la suppression en trois ans du régime en vigueur ; - le découplage de la prime actuelle au tabac ; - la suppression progressive du Fonds communautaire du tabac ; - la création d'une enveloppe financière destinée à la restructuration des régions tabacoles. S'agissant de l'huile d'olive, la Commission propose que 60 % des paiements liés à la production soient convertis en nouveaux droits au paiement unique par exploitation. Les Etats membres conserveraient les 40% restants pour accorder un paiement direct supplémentaire aux oliveraies à faible rendement ainsi qu'aux oliveraies présentant un intérêt du point de vue de l'environnement ou de la tradition. Pour le coton, 60 % des dépenses des Etats membres consacrés à l'aide aux producteurs seraient transférés au régime du paiement unique par exploitation sous forme de nouveaux droits, tandis que les Etats membres en conserveraient 40 % pour un nouveau paiement direct à la surface en faveur des producteurs.
Les demandes italiennes pour le tabac
A la veille de la table ronde organisée le 10 novembre par le Commissaire Fischler sur les effets socio-économiques de la réforme de l'organisation commune de marché du tabac, Paolo Bedoni, président de Coldiretti, expose les principales requêtes des exploitants du secteur en Italie (un pays qui, souligne-t-il dans un communiqué, est le premier producteur européen de tabac). Coldiretti demande en particulier: - de la certitude pour les producteurs "qui investissent dans la qualité du produit", tout en encourageant la reconversion des "exploitations marginales vers d'autres cultures" (notamment, grâce à la création d'un "Fonds national" ); - une durée de l'ocm tabac analogue à celle des autres secteurs où la réforme est déjà chose faite (comme les céréales); - le maintien, pour l'Italie, d'un budget de 330 millions d'euros; - la possibilité pour chaque pays de réaliser le découplage de manière "graduelle et flexible".