Bruxelles, 31/07/2003 (Agence Europe) - « Il n' y a pas de « danger Chine » pour l'Union européenne. Au contraire, plus ce pays se développe et augmente ses exportations, plus il y aura d'avantages pour le monde entier ». C'est la réaction du Commissaire au commerce Pascal Lamy aux propos du président en exercice du Conseil Ecofin Giulio Tremonti qui, dans une interview au Corriere della Sera affirmait en particulier que « là où entre la Chine, avec une main-d'oeuvre à coût zéro, l'Italie sort ». C'est par le biais d'une interview au Corriere, avant son départ pour la mini-ministérielle de l'OMC à Montréal (voir autre nouvelle dans ce bulletin et EUROPE d'hier, p.3), que M. Lamy réplique à l'appel de M. Tremonti, à la « protection nationale » face à la concurrence chinoise. Le Commissaire avertit: « Non, je ne suis pas du tout d'accord. La fermeture des marchés ne fait pas partie de la doctrine européenne ». M.Lamy remarque en particulier: « Certes, les exportations chinoises augmentent, mais leurs exportations s'accroissent aussi à un rythme vertigineux. Cette année, l'Union européenne a acheté des marchandises pour 80 milliards d'euros et a vendu sur ces marchés pour 30 milliards. Le déficit est donc de 50 milliards d'euros, une valeur acceptable si on pense que c'est une économie qui, heureusement, a une croissance de 10% par an ». Pascal Lamy note que l'expérience des autres pays asiatiques montre clairement que « le développement est d'abord alimenté par de bas salaires et peu de garanties sociales « mais que, au fur et à mesure que la production augmente, "les salaires et les garanties syndicales augmentent aussi ».
Interrogé par ailleurs sur la liste des produits européens à protéger au niveau mondial par des indications de qualité, M.Lamy rappelle que « à la Commission, nous affirmons qu'il faut se concentrer sur une liste courte ». Cinquante dénominations « me semblent un peu trop », avoue-t-il, en estimant que « le moins nous en avons, le plus nous avons des possibilités de mener la négociation avec succès ».Et, à la question de savoir si l'Europe peut trouver des alliés dans ce combat, il indique: « Nous pouvons miser sur les pays en développement. L'Inde a le thé Darjeeling. Le Guatemala, le café d'Antigua. Et le même raisonnement vaut pour beaucoup de marchandises produites par les pays africains, par la Thaïlande, par la Chine. Tous ces Etats seront nos alliés ».