Bruxelles, 28/01/2003 (Agence Europe) - Le Conseil Affaires générales a eu mardi un débat public sur les Balkans occidentaux qui ont fait l'objet d'un débat public. Le Président du Conseil George Papandreou avait auparavant informé ses collègues sur sa visite dans la région, du 13 au 15 janvier, et distribué un document de travail décrivant les priorités de la Présidence, dans la perspective du Sommet de Thessalonique sur les Balkans, le 21 juin (voir EUROPE du 25 janvier, p.4). Rappelant que la pierre angulaire de la stratégie de l'UE dans les Balkans était la poursuite du processus de stabilisation et d'association, les Etats membres ont envoyé ensemble aux populations locales le message suivant: l'UE est prête à leur ouvrir ses portes, mais elles devront faire des sacrifices pour entrer dans l'Union.
Pour M. Papandreou, il s'agit de "jeter des ponts vers nos voisins les plus proches" afin de "partager un avenir commun avec des valeurs communes". La Présidence compte travailler aux problèmes récurrents de la région, en accordant une attention particulière à la lutte contre le crime organisé, la corruption et l'immigration illégale, mais, "les Balkans doivent tout faire pour mettre en oeuvre les réformes", a averti M. Papandreou, en ajoutant qu'il était très important de faire passer le message aux populations. Pour le ministre italien Franco Frattini, dont le pays assurera la prochaine présidence de l'UE, "les priorités grecques sont aussi les nôtres". L'Italie veut "donner une perspective européenne crédible aux Balkans" tout en leur rappelant que ceci exige des "sacrifices" de leur part "comme pour les dix futurs pays membres". Le Président Prodi a remarqué qu'il ne fallait pas encore "envisager de dates d'adhésion, ni même d'ouverture des négociations" mais "dire que la perspective est envisageable", et Javier Solana, Haut Représentant pour la PESC, s'est exprimé dans le même sens. Les ministres des Affaires étrangères autrichienne, Mme Ferrero-Waldner et portugais, M. Martins da Cruz, ainsi que les ambassadeurs belge, M. De Bock, et luxembourgeois, M. Schmit, ont appuyé totalement le programme de la Présidence, et le ministre britannique des affaires européennes, M. Mac Shane, a estimé que "si les Balkans n'adhèrent pas, l'UE restera inachevée", tout en avertissant: "Le refus des Serbes ou des Croates de collaborer avec le TPIY va retarder l'adhésion". Le Secrétaire d'Etat néerlandais, M. Nicolaï, a tempéré cet engouement général en mettant en garde la Présidence contre "un bond en avant trop rapide" concernant les Balkans. Les ambassadeurs suédois, M.Petersson, et finlandais, M. Kosonen, ont tous deux insisté sur la nécessité de régler les questions sur la nouvelle architecture institutionnelle de l'UE avant de lancer un débat sur de nouvelles adhésions. Le ministre irlandais, Brian Cowen insiste sur une meilleure communication envers les populations locales, et l'ambassadeur danois M. Christoffersen souligne que ces pays ont consenti beaucoup d'efforts mais que beaucoup reste à faire. Les ministres aux affaires européennes de la France et de l'Allemagne, Mme Lenoir et M. Bury, ont insisté sur la lutte contre le crime organisé et la corruption.
Le Conseil a par ailleurs abordé: le suivi du Conseil européen de Copenhague, un rapport de la Présidence sur l'état des travaux des autres formations du Conseil, le plan de travail de la Présidence pour l'élargissement et la présentation du rapport de printemps de la Commission européenne. Tassos Giannitsis, le ministre grec adjoint des Affaires étrangères, a assuré que la Grèce voulait traiter "à bras-le-corps" plusieurs dossiers, comme celui du "Prestige", et s'est félicité de l'état des travaux d'autres formations du Conseil, comme le paquet "ciel unique" au Conseil Transports et le paquet fiscal au Conseil Ecofin. Sur l'élargissement, il a indiqué que la Présidence grecque ferait tout pour respecter le calendrier pour la rédaction du Traité d'adhésion (fin du mois de janvier, voir p. 14). Interrogé sur les doutes qu'aurait émis la délégation polonaise, au sujet de la rédaction du traité, en ce qui concerne les paiements directs, M. Giannitsis a répliqué: "nous en sommes à la finalisation de points juridiques, il n'est pas possible de renégocier maintenant ce qui a été décidé à Copenhague".