06/12/2002 (Agence Europe) - Dans une contribution à la Convention, le député européen Alain Lamassoure propose de donner au Sommet européen le nom de "Conseil des Premiers". Selon lui, à 25 ou 30 membres, le Conseil européen "change de nature: c'est la taille d'un Conseil de surveillance, non point d'un directoire" (ce qu'il était lorsqu'il a été conçu, dit-il). A l'avenir, le Conseil européen aura pour M.Lamassoure "une vocation à être un "chef d'Etat collectif" de l'Union: "nous ne voulons pas que l'Union soit un super-Etat: une seule personne ne saurait donc pas la personnaliser. Mais nous en faisons une entité juridique et politique, dotée d'un budget propre, imposant des lois à tous les citoyens (...) et agissant comme tel sur la scène internationale". Et il devra aussi être un "organe majeur de concertation, d'entretien de l'affectio societatis entre les grands dirigeants d'Etats si nombreux et si disparates". M.Lamassoure se prononce aussi pour l'élection du président de la Commission par le Parlement européen. Ce "Monsieur" ou"Madame" Europe sera ainsi "l'élu d'une majorité politique", et le "caractère de vestale au-dessus des partis" de la Commission sera abandonné, reconnaît-il, en estimant que "c'est le prix à payer de l'introduction de la démocratie au niveau européen". "Le pilote ainsi désigné, comment constituer son équipe?". A cette question, M.Lamassoure réplique: "A lui de jouer, et à lui seul", en respectant évidemment les équilibres géographiques et politiques. Selon lui, cette équipe ne sera pas un "exécutif" ou un "gouvernement" européen: "il aura la même visibilité, mais pas le même rôle". Nous y reviendrons.