Bruxelles, 06/04/2001 (Agence Europe) - Un porte-parole du Commissaire à la concurrence Mario Monti a confirmé que la Commission avait ouvert une enquête à l'encontre de la société américaine Intel Corp qui pourrait avoir abusé de sa position dominante dans le secteur des microprocesseurs par des pratiques de marketing abusives et qu'elle avait envoyé, en ce sens, des demandes d'informations à cette entreprise ainsi qu'à plusieurs fabricants et détaillants d'ordinateurs. Cette réaction fait suite à une information diffusée dans la version électronique du « Wall Street Journal » selon laquelle la Commission interrogerait actuellement la firme américaine sur ses pratiques commerciales, suite à deux plaintes déposées auprès de ses services. Intel est soupçonnée d'avoir accorder des remises de fidélité aux fabricants d'ordinateurs qui utilisent exclusivement des microprocesseurs Intel et d'inciter les fabricants et détaillants d'ordinateurs d'acheter exclusivement ses produits. « Il n'y a rien d'illégal pour une entreprise d'accorder des remises de fidélité lorsqu'elle n'est pas en position dominante. Intel est en position dominante et doit donc faire attention à ce qu'elle fait », a souligné la porte-parole Amelia Torres. Elle a précisé par ailleurs que l'action de la Commission n'avait aucun lien avec une enquête menée à l'encontre d'Intel pendant trois ans par la Federal Trade Commission américaine, enquête clôturée en septembre dernier sans qu'Intel ne soit condamnée. La Commission a déjà reçu des informations d'Intel, informations qu'elle examine actuellement. Il ne s'agit que du premier stade d'enquête et il n'existe, à ce jour, encore aucune preuve attestant d'une infraction effective d'Intel aux règles de la concurrence. Pour sa part, un porte-parole d'Intel Chuck Mullloy a confirmé que la société était en contact avec l'UE « depuis de nombreux mois » et qu'elle collaborait sans problème avec les services communautaires. « Nos pratiques commerciales sont légales et loyales », a-t-il affirmé.