Strasbourg, 20/03/2001 (Agence Europe) - Dans une résolution sur l'Afghanistan adoptée jeudi dernier, le PE condamne énergiquement la décision des talibans de détruire les statues de Bamyian et du musée national, décision qui alourdit le terrifiant bilan de ce régime connu pour sa politique de discriminations fondées sur le sexe et pour son opposition systématique à l'exercice de pratiquement toutes les libertés individuelles. Le PE condamne l'oppression dont les femmes afghanes sont les premières victimes ainsi que la poursuite des déplacements et des massacres de certaines minorités et notamment l'assassinat de plus de trois cents Hazaras dans la province de Bamyian en janvier dernier. Il demande au Conseil et à la Commission de présenter des initiatives lors de la session de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, qui s'ouvre cette semaine à Genève et demande au Pakistan de fermer les centres de recrutement et les écoles islamiques que les talibans possèdent sur son territoire. Le PE se félicite de la nouvelle position commune de l'UE (renforçant les sanctions: NDLR) et demande au Conseil de coordonner ses initiatives avec les pays voisins, en particulier la Russie, l'Inde et l'Iran.
Lors du débat, la travailliste britannique Barbara O'Toole a déploré la destruction d'un patrimoine qui remonte au 2ème siècle et a condamné ce «régime qui veut replonger sa population dans le Moyen Age». Le radical belge Olivier Dupuis a demandé que des mesures concrètes soient prises à l'encontre de ce régime de « fanatiques » qui a « pris en otage sa population », et a préconisé un soutien ferme au général Massoud, tout comme Philippe Morillon (PPE, français), qui s'est prononcé pour des parachutages de vivres dans les zones inaccessibles aux ONG. « Face à ces actes de vandalisme, le dialogue avec ces gens semble bien difficile », a reconnu le Commissaire Erkki Liikanen, en rappelant que l'oppression exercée par le régime taliban a contraint plus d'un demi million de personnes à fuir le pays, et que l'UE a apporté, en cinq ans, une aide humanitaire de plus de 100 millions d'euros aux populations déplacées.