Bruxelles, 29/12/2000 (Agence Europe) - La Cour des Comptes européenne a récemment adopté un rapport très critique sur l'aide alimentaire apportée par l'Union européenne à la Russie après la mauvaise récolte et la crise financière de 1998. Le coût total du programme, pas tout à fait terminé, est estimé à environ 336 millions d'euros, alors que cette aide n'était pas justifiée, selon la Cour. La nécessité d'une telle aide, décidée par les Quinze mi-décembre 1998, n'a, selon la Cour, "pas été démontrée", il n'y a pas eu d'analyse préalable des besoins. "La difficulté pour de nombreux Russes à se nourrir correctement est due non pas à un manque de produits alimentaires mais à un manque de moyens financiers pour les acquérir", peut-on lire dans le rapport, qui souligne que la population la plus précaire n'a pas eu accès aux produits fournis par l'UE parce qu'ils étaient vendus trop cher, pour ne pas faire concurrence aux produits russes et aux produits européens exportés normalement. La Cour estime qu'un programme humanitaire "moins vaste ciblé sur les couches les plus défavorisées, aurait été plus approprié". Seul point positif indiqué dans le rapport, les fonds de contrepartie, qui recueillaient le produit de la vente au détail des produits fournis gracieusement par l'UE, "ont contribué à améliorer la situation des retraités et les soins de santé".
Dans sa réponse annexée au rapport de la Cour, la Commission européenne estime au contraire que l'aide était justifiée (mauvaise récolte céréalière "selon les statistiques officielles russes", incapacité d'importer des produits….) et a été utile (stabilisation des prix du marché, fonds de contrepartie). La Commission devrait elle-même publier "sous peu" un rapport d'audit effectué par des experts indépendants sur ce programme.