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Bulletin Quotidien Europe N° 7845
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/defense

Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des Quinze constatent que l'UE sera en mesure de conduire des missions Petersberg "à l'horizon 2003" - Le catalogue de forces fait apparaître un "réservoir" de 100.000 effectifs - Le Conseil européen de Nice approuvera les grandes lignes d'un mécanisme d'évaluation des engagements pris par les Etats membres

Bruxelles, 20/11/2000 (Agence Europe) - La réunion du Conseil Affaires générales élargie aux ministres de la Défense des Quinze qui s'est tenue lundi après-midi, après la Conférence d'engagement des capacités militaires (voir autre nouvelle), a abouti à l'adoption d'une "Déclaration d'engagement de capacités militaires" que nous publierons intégralement, et qui souligne en particulier que ce processus "conduit sans duplications inutiles, n'implique pas la création d'une armée européenne", et que l'UE "reconnaît la responsabilité première du Conseil de sécurité des Nations Unies en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales". Les travaux engagés depuis le sommet de Feira ont permis à l'Union de "définir la palette des moyens nécessaires pour mener à bien l'ensemble des missions de Petersberg, y compris les plus exigeantes d'entre elles", constate la déclaration, qui souligne que l'analyse du "catalogue de forces" entériné par la Conférence d'engagement de capacités militaires et énumérant les contributions annoncées par les Etats membres sur base volontaire afin d'atteindre l'objectif global (déploiement d'ici 2003, dans un délai de moins de 60 jours et pour au moins un an, de forces pouvant aller jusqu'à 60.000 effectifs) "permet d'affirmer qu'à l'horizon 2003" l'Union européenne sera capable de conduire l'ensemble des missions Petersberg, "mais que certaines capacités ont besoin d'être améliorées à la fois sur le plan quantitatif et qualitatif".

La déclaration précise par ailleurs que:

  • concernant les forces, les contributions recueillies dans le "Catalogue de forces" constituent "un réservoir de plus de 100.000 personnes et d'environ 400 avions de combat et 100 bâtiments". D'ici 2003, dès que les organes politiques et militaires compétents de l'UE seront en mesure d'assurer le contrôle politique et la direction stratégique des opérations conduites par l'Union, celle-ci pourra "progressivement assumer des missions Petersberg", en fonction de la montée en puissance de ses capacités militaires". Des améliorations sont nécessaires en matière de disponibilité, déployabilité, capacité de durer et interopérabilité des forces, ainsi que dans les équipements militaires (y compris armes et munitions) et les services de soutien.
  • concernant les capacités stratégiques, les Etats membres ont, en matière de commandement, contrôle et communication, offert un nombre satisfaisant d'états-majors nationaux ou multinationaux. L'Etat-major de l'Union européenne, qui disposera d'une première capacité opérationnelle au cours de 2001, renforcera la capacité collective d'alerte rapide de l'UE et dotera celle-ci d'une capacité d'évaluation de situation et de planification stratégique pré-décisionnelle. En matière de renseignements, l'UE disposera du Centre satellitaire de Torrejón (de l'UEO) et de moyens offerts par les Etats membres, mais des "efforts sérieux" seront nécessaires pour disposer à l'avenir de davantage de "renseignements de niveau stratégique". Des améliorations sont nécessaires aussi en matière de transport stratégique.

La déclaration indique aussi que: - les Etats membres se sont engagés sur des efforts portant sur le moyen et long terme, en matière de disponibilité, déployabilité, capacité de durer et interopérabilité des forces, de développement des capacités "stratégiques" (transport, états-majors, renseignement) et de renforcement des capacités opérationnelles essentielles pour une opération de gestion de crise (moyens de sauvetage, défense contre les missiles sol-sol, armes de précision, soutien logistique, outils de simulation); - la restructuration des industries de défense européenne en cours dans certains Etats membres "favorise le développement des capacités européennes". Certains Etats membres ont rappelé leurs travaux sur un certain nombre de "projets essentiels" (Avion de transport futur, bâtiments de transport maritime, hélicoptères de transport de troupes, Helios II, dans le domaine satellitaire).

La déclaration annonce enfin que, pour "assurer la pérennité de la démarche européenne de renforcement des capacités", les Etats membres ont décidé de "définir un mécanisme d'évaluation permettant d'assurer le suivi et de faciliter des progrès vers la réalisation des engagements pris", mécanisme dont les grandes lignes seront approuvées lors du Conseil européen de Nice et qui vise à doter l'Union d'une telle capacité d'évaluation "sur la base d'une méthode de consultation entre les Etats membres". Ce mécanisme se fondera sur: - la préservation de l'autonomie de décision de l'UE; - la reconnaissance du "caractère politique et volontaire des engagements pris"; - la transparence et la clarté, afin de permettre des comparaisons entre les engagements des Etats membres; - la permanence et le caractère régulier de l'évaluation des progrès réalisés; - la souplesse nécessaire pour s'adapter aux nouveaux besoins identifiés. Par ailleurs: - en ce qui concerne les relations avec l'Otan, le mécanisme d'évaluation tiendra compte de la nécessité d'éviter les duplications, et d'assurer la cohérence entre les engagements assumés par l'UE avec les objectifs de force acceptés dans le cadre de la planification de l'Otan , ainsi que le renforcement mutuel entre les objectifs de capacité de l'UE et ceux découlant de l'Initiative de capacités de défense de l'Alliance; - en ce qui concerne les relations avec les pays tiers, le mécanisme assurera la prise en compte des contributions des alliés européens qui ne sont pas membres de l'UE et des pays candidats à adhérer à l'UE.

La déclaration souligne par ailleurs que les contributions qui seront recueillies lors des réunions du 21 novembre renforceront les capacités d'intervention de l'UE "de la manière la plus adaptée aux circonstances"( Rappelons que, dans la matinée de mardi, les ministres de la Défense rencontrent d'abord leurs homologues des six membres européens de l'Otan - Turquie, Norvège, Islande, Pologne, Hongrie, République tchèque - et des autres pays candidats, et ensuite, séparément, les six membres européens de l'Otan). La déclaration précise que les Quinze ont décidé que ces contributions de pays tiers fassent l'objet d'une évaluation "selon les mêmes critères que ceux appliqués aux Etats membres".

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