Vienne, 31/07/2000 (Agence Europe) - Les "trois sages" chargé de faire rapport (à l'automne) aux pays de l'UE sur la situation politique en Autriche ont achevé dimanche trois jours d'entretiens à Vienne. "Nous ne dirons rien avant que le rapport, qui n'est pas une chose simple, soit rédigé", a dit Jochen Frowein, Directeur du Max-Planck Institut, qui accomplit cette mission avec l'ancien président finlandais Martti Ahtisaari et l'ancien ministre des affaires étrangères espagnol et ancien Commissaire européen Marcelino Oreja. "Beaucoup de choses indiquent que nous avons suffisamment de matériel", a ajouté M. Frowein, en laissant entendre que les sages n'envisagent pas une deuxième visite àVienne.
Les trois sages ont rencontré en particulier le président Thomas Klestil, le chancelier Schüssel (deux fois), plusieurs ministres, dont la ministre de l'éducation Elisabeth Gehrer, ainsi que le président du Parlement Heinz Fischer et les leaders de l'opposition, le social-démocrate Alfred Gusenbauer et le Vert Alexander Van der Bellen, qui se sont prononcés tous les deux pour une levée des sanctions bilatérales contre l'Autriche. Ces sanctions pèsent comme "un voile de plomb" sur la situation politique intérieure en Autriche, a estimé M.Gusenabauer. MM Ahtissari, Oreja et Frowein, qui n'ont pas rencontré Jörg Haider, ont eu aussi un entretien avec le chef du groupe parlementaire du FPÖ Peter Westenthaler, qui a affirmé que ses interlocuteurs "sont très bien informées et connaissent très bien l'Autriche". Par ailleurs, ils se sont entretenus avec l'évêque protestant Herwig Sturm (qui a indiqué qu'il avait évoqué avec eux l'affaire de Gertraud Knoll, évêque protestante qui, après avoir participé à une manifestation contre le gouvernement, avait reçu des lettres de menace, provenant selon lui de proches du FPÖ), l'évêque catholique Klaus Küng, le président de la communauté musulmane d'Autriche Anas Schakfeh, le président du Consistoire israélite Ariel Muzicant (qui a dit des sages que "ce sont des personnalités comme nous n'en avons pas beaucoup en Europe") et le président de Caritas Franz Küberl (qui a souhaité en particulier un traitement différent pour les réfugiés en Autriche).
Par ailleurs, le "Corriere della Sera" de ce lundi reprend des passages d'un entretien avec Romano Prodi publié le jour même par l'hébdomadaire autrichien "Profil" dans lequel le président de la Commission européenne affirme que les trois sages doivent travailler "vite, vite, très vite". A la question de savoir si l'Europe oeuvre en vue d'abolir les sanctions, M.Prodi a répondu "oui", en ajoutant qu'il faut éviter le référendum envisagé en Autriche, qui "serait une erreur et servirait seulement à accroître les tensions", indique le "Corriere della Sera".