Bruxelles, 28/07/2000 (Agence Europe) - Le Conseil de l'Union a institué un nouveau droit antidumping définitif sur les bicyclettes importées de Chine, en estimant qu'il est hautement probable qu'à l'échéance des mesures prises en 1993, les pratiques qu'elles étaient censées éliminer réapparaîtront. Le règlement publié au Journal Officiel n°L/175 précise que le réexamen de ces mesures (fondé sur l'analogie entre le marché chinois et un pays à économie de marché, en l'occurrence le Mexique) a révélé que, loin de disparaître, le dumping pratiqué par les négociants incriminés s'est nettement amplifié. Il montre également que: i) le volume de leurs livraisons dans l'UE risque d'être considérable en cas d'abrogation des mesures actuelles, vu les capacités de production disponibles en Chine, les antécédents de contournement des mesures communautaires et l'adoption de mesures de défense commerciales à leur encontre par d'autres pays (Corée du Sud, Mexique, Canada, Vietnam); ii) les sociétés chinoises ne pourront probablement pas recommencer à exporter en quantités significatives sans pratiquer des prix à l'exportation bas ou du dumping; iii) l'industrie communautaire est restée dans une position économique faible et vulnérable depuis 1993, malgré l'application d'un droit depuis lors; elle a vu chuter sa production (-25%), ses capacités de production (-27%), le volume (24%) et la valeur des ventes (8%), ainsi que sa part de marché tant en valeur (-8%) qu'en volume (-15%) et ses effectifs (-12%). La suppression des droits antidumping aggraverait la situation de l'industrie européenne, avec de nouvelles restructurations, fermetures d'usines, pertes d'économies d'échelle, etc. Pour toutes ces raisons, la Commission européenne, qui menait l'enquête, a recommandé de maintenir le droit de 30,6% pendant les cinq années à venir, ce que le Conseil a entériné.