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Bulletin Quotidien Europe N° 7767
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/pe/biotechnologies

Peter Liese dénonce les dangers du moratoire sur les OGM pour l'Europe et réclame sa levée dans les meilleurs délais - L'état de l'opinion publique ne saurait, selon lui, dicter la loi

Bruxelles, 27/07/2000 (Agence Europe) - Prenant le contre-pied du courant majoritaire au dernier Conseil informel de l'Environnement (voir EUROPE des 17 & 18 juillet, p.10), Peter-Liese, président du groupe de travail "Bioéthique/biotechnologie" de la fraction PPE/DE au Parlement européen, réclame la levée aussi rapide que possible du moratoire de fait sur les autorisations de mise sur le marché d'organismes génétiquement modifiés dans l'Union. Selon lui, la proposition de compromis récemment présentée par la Commission pour sortir de l'impasse (voir EUROPE du 14 juillet, p. 8) va dans la bonne direction.

"Je ne suis pas un partisan béat du génie génétique. Pourtant, pour ce qui concerne les procédures d'autorisation de plantes génétiquement modifiées dans l'Union, je crois qu'actuellement, nous exagérons. Aucune autorisation n'est, de fait, délivrée dans aucun État membre, bien que, dans certains cas, les experts soient d'accord pour considérer que les dangers peuvent très bien être maîtrisés. Cette situation est dangereuse pour l'Europe en tant qu'entité économique car, même si les plantes génétiquement modifiées suscitent actuellement méfiance et critiques dans de nombreux pays du monde entier, il est tout à fait possible que les points de vue changent, à l'avenir. C'est pourquoi, l'Europe ne doit pas se couper totalement de la technique", explique l'eurodéputé dans sa prise de position.

Faisant observer que les entreprises de taille moyenne ont du mal à surmonter la situation de blocage actuelle, alors que les multinationales, elles, ont les moyens de poursuivre leurs travaux de recherche au Canada ou ailleurs, Peter Liese ajoute: "quiconque veut éviter que le marché ne soit exclusivement contrôlé par les multinationales, devrait être contre le moratoire".

Extrêmement critique à l'égard de Dominique Voynet, ministre française de l'Environnement et présidente en exercice du Conseil, Peter Liese rappelle qu'en juin 1999, le Conseil Environnement (alors présidé par un ministre vert allemand) avait adopté une "position commune" pour encadrer les autorisations d'organismes génétiquement modifiés - position commune qui ne prévoyait pas de régime de responsabilité environnementale spécifique pour les OGM comme certains le demandent aujourd'hui. "Maintenant, le Parlement européen est critiqué de toutes parts pour n'avoir pas opté pour un régime de responsabilité spécifique, mais pour une responsabilité environnementale horizontale couvrant aussi la responsabilité en matière de génie génétique", s'indigne-t-il.

Peter Liese considère que la position du Parlement européen en faveur d'une responsabilité environnementale aussi large que possible est cohérente, et juge illogique d'exiger une responsabilité spécifique pour les OGM alors même qu'aucun dommage environnemental n'a encore été prouvé et que les responsables d'accidents pétroliers (comme l'Erika) ne tombent sous le coup d'aucun régime européen de responsabilité en dépit des dommages environnementaux flagrants qu'ils ont causés. Pour finir, l'eurodéputé juge scandaleux le point de vue selon lequel l'opinion publique doit prendre le pas sur le droit: "Les responsables politiques n'ont pas pour devoir de transcrire dans la loi l'état d'esprit momentané de la population, mais de prendre des décisions de manière responsable, en prenant en compte l'avenir (...). Les préoccupations du public doivent être prises au sérieux, mais parfois c'est aussi un devoir que d'expliquer à l'opinion publique pourquoi certaines exigences ne peuvent pas immédiatement être traduites dans des lois", estime l'eurodéputé.

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